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Dialogue national en RDC : La société civile du Nord-Kivu exige que la justice ne soit pas sacrifiée

Dialogue national en RDC : La société civile du Nord-Kivu exige que la justice ne soit pas sacrifiée

Alors que le prochain dialogue national annoncé en République démocratique du Congo continue de susciter des réactions, la société civile du Nord-Kivu, par la voix de son président John Banyene, se prononce en faveur d’un processus inclusif et met en garde contre toute initiative susceptible de servir à « blanchir les criminels ».

Pour cette structure citoyenne, le dialogue ne devrait pas se limiter aux acteurs politiques réunis à Kinshasa autour d’éventuelles négociations pour le partage du pouvoir. La population de l’Est de la RDC attend plutôt que ce processus s’accompagne de l’effectivité de la justice transitionnelle et permette aux auteurs présumés des crimes les plus graves de répondre de leurs actes.

« Pour le dialogue national, le dialogue national doit être inclusif, que ça ne soit pas seulement un dialogue des politiciens à Kinshasa, avec le seul but de vouloir encore se partager le pouvoir. Nous, nous croyons, le dialogue oui, mais que ça ne soit pas un lieu ou un cadre qui va aller maintenant blanchir les criminels. Pour dire, tous les criminels qui ont commis les crimes de guerre, les crimes de génocide, les crimes de masse, ils doivent répondre de leurs actes », a déclaré John Banyene.

Le président de la société civile du Nord-Kivu insiste sur la nécessité de mettre en œuvre une véritable justice transitionnelle. Une exigence qu’il présente comme une revendication majeure des populations de l’Est, région meurtrie depuis plusieurs décennies par les conflits armés et les violences.

« Et je crois que nous, la population de l’Est, nous sommes en train d’insister sur l’effectivité de la justice transitionnelle, pour que vraiment, tous ces bourreaux, tous ces malfaiteurs puissent répondre de leurs actes. Il ne faut pas croire que comme il y aura encore dialogue, c’est le moment encore d’aller se partager le gâteau, d’aller se partager encore le pouvoir, que nos bourreaux d’hier ou d’aujourd’hui puissent encore être les dirigeants de demain », a-t-il poursuivi.

Pour John Banyene et la société civile du Nord-Kivu, le dialogue national ne doit donc pas constituer une occasion de garantir l’impunité ou de recycler dans les institutions les responsables des violences commises contre les populations.

« Ça, nous comme société civile nous disons non, nous disons non. Nous disons que la justice doit avoir sa place. Le dialogue oui, mais la justice doit prendre place et consolider la paix que nous envisageons », a martelé John Banyene.

Cette prise de position intervient dans un contexte où les attentes sont nombreuses autour du futur dialogue national en RDC. Pour la société civile du Nord-Kivu, la réussite de ce processus dépendra notamment de son caractère réellement inclusif, mais aussi de la place accordée à la vérité, à la justice et à la lutte contre l’impunité.

Au-delà de la recherche d’un consensus politique, John Banyene appelle ainsi à une paix fondée sur la justice, afin d’éviter que les responsables des crimes du passé et du présent ne soient, une nouvelle fois, récompensés par l’accès au pouvoir.

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