RDC : Nouvelle vague de massacres attribuée aux ADF dans le Grand Nord, plus de 50 civils tués
Plus de 50 civils ont été sauvagement massacrés en l’espace d’une semaine par des terroristes affiliés aux Forces démocratiques alliées (ADF) dans la commune rurale de Mangina (territoire de Beni) et dans la région de Njiapanda (territoire de Mambasa). Ces attaques simultanées ont provoqué d’importants déplacements de population.
Dans la commune rurale de Mangina et ses environs, la situation sécuritaire a dramatiquement basculé au cours de la semaine. Selon les forces vives locales, les incursions répétées des assaillants ont semé la terreur. Ce jeudi, la découverte macabre de trois corps supplémentaires a porté le bilan provisoire à 22 morts pour cette seule zone.
Parmi les victimes figure un technicien de la Radio Télévision Pambazuko de Mangina. La société civile redoute que ce bilan ne s’alourdisse dans les prochains jours, de nombreux civils étant toujours portés disparus après avoir été enlevés par les rebelles.
La violence des assaillants s’est également abattue plus loin, dans la région de Njiapanda, située dans le territoire de Mambasa, à la lisière de la province de l’Ituri. La société civile locale rapporte un bilan alarmant de 25 civils tués dans cette zone. La gestion des dépouilles illustre l’ampleur et la brutalité de la tragédie : 6 corps ont été rapatriés au Nord-Kivu, 8 ont été déposés à la morgue du centre de santé de Njiapanda, et 11 autres dépouilles gisent encore en brousse.
Comme à Mangina, le décompte reste provisoire en raison des difficultés d’accès et des zones encore inexplorées.
Face à cette nouvelle série de massacres, la société civile locale et les associations de défense des droits humains dénoncent la lenteur des interventions. Les forces vives exigent des autorités compétentes le renforcement des effectifs des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et de leurs alliés pour sécuriser ces agglomérations. Cette montée de violence confirme la stratégie des ADF de cibler des zones agricoles et minières stratégiques pour paralyser l’économie locale et terroriser les communautés.