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Est de la RDC : De la rhétorique politique à la réalité d’une « balkanisation délégitimée »

Est de la RDC : De la rhétorique politique à la réalité d’une « balkanisation délégitimée »

La question de la balkanisation de la République Démocratique du Congo n’est plus une simple rhétorique politique, mais une réalité administrative qui se dessine sur le terrain dans l’est du pays.Selon Josaphat Musamba, doctorant à l’Université de Gand et chercheur au Groupe d’Études sur le Congo (GEC-SH/CERUKi ISP de Bukavu), la rupture avec le pouvoir central est déjà consommée dans les zones occupées.

« Dans les administrations contrôlées par l’AFC/M23, le processus décisionnel est déjà coupé avec Kinshasa. Nous sommes donc dans une phase de balkanisation délégitimée », analyse-t-il.

Cette sécession administrative se manifeste de manière concrète à travers la gestion autonome de la sécurité, des finances locales et de l’exploitation des ressources naturelles, échappant totalement au contrôle de l’État congolais.

L’exception sanitaire face à Ebola

Dans ce tableau de rupture quasi-totale, une seule exception force les rebelles à composer avec l’extérieur : l’urgence humanitaire. Confrontés à la propagation du virus Ebola dans les zones sous leur contrôle, les dirigeants de l’AFC/M23 se voient contraints de briser leur isolement. « Pour l’instant, il n’y a que sur la crise sanitaire suite à la propagation du virus Ebola qu’ils sont obligés d’ouvrir leur coopération, notamment avec l’OMS », nuance le chercheur.

Le dilemme des autorités coutumières au Sud-Kivu

Au-delà des bastions traditionnels de la rébellion, l’incertitude plane sur l’attitude des autorités locales dans les zones clés du Sud-Kivu, notamment celles administrées par la communauté Banyamulenge. Cette région revêt une importance à la fois stratégique et hautement symbolique, se trouvant au cœur du narratif développé par l’AFC/M23 et Kigali concernant la protection des populations Tutsi.

La question cruciale reste celle de la loyauté des structures étatiques de base. « La question que l’on peut se poser concernant les zones que les Banyamulenge administrent, c’est de savoir si ces chefs de villages, et d’autres entités rattachés à la division provinciale de l’Intérieur, Décentralisation et Affaires coutumières, envoient désormais leurs rapports au M23 ? », s’interroge Josaphat Musamba.

Azarias Mokonzi

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