Tazama RDC

Épidémie d’Ebola en RDC : Kisangani touchée, la province de la Tshopo se barricade

Épidémie d’Ebola en RDC : Kisangani touchée, la province de la Tshopo se barricade

La maladie à virus Ebola continue de gagner du terrain dans l’est de la République démocratique du Congo, devançant les efforts de riposte. Jusqu’ici épargnée, la ville stratégique de Kisangani vient de notifier ses deux premiers cas positifs.

Face à cette menace directe, les autorités provinciales déploient en urgence des mesures sanitaires drastiques pour contenir le virus.

L’Institut national de santé publique (INSP) a officialisé la nouvelle ce jeudi matin. deux échantillons se sont révélés positifs à Kisangani. Selon les premières investigations de l’INSP, l’un des malades est lié à la zone de santé de Nia-Nia, un foyer épidémique situé dans la province voisine de l’Ituri. Cette connexion épidémiologique confirme la porosité des frontières interprovinciales face à la propagation du virus.

Face à l’urgence, l’INSP a immédiatement réagi en lançant des opérations de terrain à Kisangani. L’objectif est d’installer et de renforcer rapidement l’ensemble des piliers de la riposte. Cela inclut la surveillance épidémiologique, le suivi des contacts, la prise en charge des patients et la sensibilisation communautaire pour étouffer la chaîne de transmission dès sa racine.

Pour faire barrière au virus, le gouverneur de la province de la Tshopo a pris des décisions radicales. Par un arrêté signé le 3 juillet, l’autorité provinciale interdit formellement l’entrée dans la Tshopo de tout corps sans vie en provenance des régions déjà affectées par Ebola. Cette mesure de précaution stricte s’applique quelle que soit la cause officielle du décès, les cérémonies funéraires étant des vecteurs majeurs de contamination.

En plus de bloquer le transport des dépouilles, la province durcit le contrôle des vivants. Tous les voyageurs en provenance des zones touchées par l’épidémie doivent désormais se soumettre à un protocole sanitaire obligatoire avant de franchir les limites de la Tshopo.

Ce dispositif frontalier comprend notamment, le prélèvement systématique de la température corporelle, le lavage obligatoire des mains aux points de contrôle, et la désinfection systématique avec des solutions hydroalcooliques.

La Tshopo tente ainsi de s’isoler des foyers actifs voisins pour éviter que son chef-lieu, Kisangani, ne devienne le nouveau point de départ d’une flambée incontrôlable.

Azarias Mokonzi

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *