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Beni : Face à la terreur des ADF, les mouvements citoyens et groupes de pression choisissent le front

Beni : Face à la terreur des ADF, les mouvements citoyens et groupes de pression choisissent le front

Refusant la passivité face à la terreur, plusieurs jeunes issus des mouvements citoyens et groupes de pression de Beni et Butembo, au Nord-Kivu, se sont mobilisés en masse pour rejoindre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les résistants patriotes « Wazalendo » sur les lignes de front, dans la profondeur de Mayangose.

Cette décision intervient dans un contexte sécuritaire critique. Mayangose, une bourgade stratégique de la région, a récemment subi de violentes attaques de la part des terroristes islamistes des Allied Democratic Forces (ADF). Ces assauts répétés ont directement ciblé plusieurs quartiers de la ville de Beni et ses environs, plongeant la population dans le deuil et l’effroi.

Même si l’objectif militaire final de leur démarche n’est pas formellement défini, le moteur de cette jeunesse est avant tout un cri de révolte et de dignité.

« Nous décidons de ne plus rester silencieux ni de nous contenter de pleurer nos pères, mères, sœurs et frères tués».

Sur le terrain, cette initiative se veut un appui concret aux forces régulières et aux résistants locaux. Christian Balewa, l’un des jeunes leaders mobilisés pour la cause, explicite le sens de leur démarche. « Nous avons pris la décision de nous mobiliser et de nous rendre auprès des FARDC et des Wazalendo afin de leur apporter notre soutien, conformément aux orientations et aux instructions qui nous seront données sur terrain», fait-il savoir.

La particularité de cette colonne de volontaires frappe les esprits : ils avancent non armés, mais déterminés à côtoyer les hommes au front. À travers ce premier pas audacieux, cette jeunesse cherche avant tout à interpeller, conscientiser et mobiliser la nation tout entière sur la gravité extrême de la crise sécuritaire qui sévit dans l’est du pays.

Christian Balewa insiste sur la dimension symbolique et patriotique de leur acte. « Bien que nous ne soyons pas armés, nous avons choisi de faire ce premier pas par amour pour notre pays et pour notre ville qui continue à subir les atrocités des groupes armés », a-t-il souligné.

Cette marche vers le front est aussi un message direct envoyé aux décideurs politiques et militaires à Kinshasa. Les jeunes mobilisés espèrent que cet élan patriotique spontané poussera le gouvernement à prendre la pleine mesure de la situation.« Nous espérons que cette mobilisation citoyenne sera prise en considération par les autorités compétentes », a conclu Christian Balewa.

La jeunesse exige désormais que des dispositions appropriées soient urgemment définies pour garantir la sécurité des civils engagés dans cet élan de solidarité, mais surtout pour renforcer structurellement les capacités logistiques et opérationnelles de ceux qui assurent la défense de la population contre la barbarie des ADF.

Azarias Mokonzi

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