Sud-Kivu : L’Hôpital Général de Mikenge détruit dans des frappes, les FARDC dénoncent une violation du droit humanitaire
Les Forces Armées de la République Démocratique du Congo ont annoncé ce mercredi 20 mai 2026 la poursuite des attaques attribuées à la coalition RDF/AFC/M23 dans les hauts plateaux de Minembwe, en territoire de Fizi.
Dans un communiqué officiel, l’armée congolaise affirme que plusieurs localités ont été visées par des frappes de drones, notamment Kalingi et Mikenge, où des infrastructures sanitaires ont été gravement touchées.
Selon le communiqué, « plusieurs frappes de drones ont visé les localités de KALINGI et de MIKENGE dont l’Hôpital Général a été intentionnellement ciblé et complètement détruit au cours de ces attaques ». Les FARDC considèrent cet acte comme une « violation flagrante du Droit International Humanitaire ».
La destruction de l’Hôpital Général de Mikenge suscite de vives inquiétudes quant à la situation humanitaire dans cette partie du Sud-Kivu déjà affectée par des années d’insécurité. Cette structure sanitaire constituait l’un des principaux centres de prise en charge médicale pour les populations locales confrontées aux violences armées, aux déplacements et aux urgences sanitaires.
L’armée congolaise rapporte également un lourd bilan humain. « Le bilan provisoire fait état de plusieurs victimes, notamment parmi les populations civiles, dont des membres du personnel hospitalier », précise le document. Ces pertes interviennent dans un contexte de fortes tensions sécuritaires dans les hauts plateaux de Fizi, où les affrontements et attaques armées continuent de fragiliser les services essentiels.
Dans son communiqué, les FARDC affirment respecter « les engagements souscrits dans le cadre des accords de Washington et du processus de paix de Doha », tout en prenant « à témoin les médiateurs et autres partenaires impliqués dans le processus de paix sur cette énième attaque barbare de la part du Rwanda et ses supplétifs ».
L’armée congolaise avertit par ailleurs qu’elle « se réserve le droit de riposter afin de remplir [sa] mission de défense de l’intégrité territoriale et de la protection des populations civiles face à l’évolution de la menace ».
Ces nouvelles violences risquent d’accentuer davantage la crise humanitaire dans les hauts plateaux de Minembwe, où plusieurs communautés vivent déjà dans une situation de grande précarité en raison des conflits armés récurrents.
Franck Kaky