Menace ADF : Un élu de Beni alerte sur une probable reconquête des anciens bastions terroristes
Lors de la séance plénière du lundi 11 mai 2026, le député national Saidi Balikwisha a exprimé sa vive préoccupation face à la dégradation sécuritaire dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Entre critiques de l’état de siège et alertes sur la réorganisation des terroristes ADF, l’élu de Beni exige désormais des comptes réguliers au gouvernement.
Selon le parlementaire, la situation sur le terrain est loin de s’améliorer. Il alerte sur une stratégie de reconquête menée par les forces démocratiques alliées (ADF). « Les ADF cherchent à reconquérir leurs anciennes bases au Nord-Kivu et en Ituri. On risque de rentrer à la case départ », a-t-il averti ses collègues, soulignant que la menace terroriste, loin d’être éradiquée, tend à s’intensifier.
Pour Saidi Balikwisha, les bastions autrefois démantelés pourraient repasser sous le contrôle des assaillants si une réaction vigoureuse et stratégique n’est pas opérée immédiatement.
L’élu s’est particulièrement insurgé contre la méthode actuelle de prorogation de l’état de siège. Il critique des votes quasi automatiques au Parlement, sans que ces derniers ne soient précédés d’une évaluation rigoureuse et transparente des opérations militaires.
Refusant de cautionner indéfiniment un dispositif qu’il juge insuffisamment évalué, le député exige un changement radical de paradigme. Désormais, il demande au gouvernement de présenter un bilan détaillé tous les 15 jours devant la représentation nationale.
Pour Saidi Balikwisha, le soutien des élus à toute nouvelle prorogation doit être conditionné par des preuves de progrès concrets. Ce rapport bimensuel devrait, selon lui, répondre à trois indicateurs précis :
-Le nombre de terroristes ADF neutralisés ;
-La liste des localités effectivement libérées ; ainsi que les avancées sécuritaires tangibles pour les populations civiles.
« Les ADF sont toujours là. Ils cherchent aujourd’hui à réoccuper leurs anciens bastions et bases terroristes. Nous devons agir rapidement avant de revenir à la case départ », a-t-il conclu avec insistance.
Cette sortie médiatique intervient dans un climat de tension persistante, où la pression populaire pour un retour à la paix dans l’Est ne cesse de croître, mettant le gouvernement face à ses responsabilités sécuritaires.
Azarias Mokonzi