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Nord-Kivu : Les affrontements à Masisi provoquent un exode vers le territoire de Walikale

Nord-Kivu : Les affrontements à Masisi provoquent un exode vers le territoire de Walikale

Depuis le 20 avril 2026, la localité de Mutongo, chef-lieu du groupement Ihana dans le territoire de Walikale (Nord-Kivu), est le théâtre d’un drame humanitaire qui s’intensifie. Des milliers de civils, fuyant les combats acharnés dans le territoire voisin de Masisi, s’y entassent dans un dénuement total.

Cette situation est consécutive aux affrontements entre les rebelles de l’AFC/M23 et les Forces armées de la RDC (FARDC), soutenues par les groupes d’autodéfense « Wazalendo », a atteint le cœur de Walikale. Les populations de la région de Lukweti, prises entre deux feux, n’ont eu d’autre choix que de prendre le chemin de l’exil vers Mutongo.

Interrogé, le Mwami Kitwana Ngulu Buhini IV, chef du groupement Ihana, décrit une situation qui dépasse désormais les capacités de réponse locales.

« Depuis le 20 avril, nous assistons à des arrivées continues de familles entières. Ces personnes fuient les violences à Lukweti et arrivent ici complètement démunies, sans nourriture, sans vêtements, sans abri », explique-t-il avec gravité.

Les images de colonnes de déplacés, transportant leurs rares effets personnels sur la tête, témoignent de la brutalité du déplacement. Pour beaucoup, Mutongo représentait l’espoir d’une sécurité relative, mais la réalité de l’accueil est tout aussi brutale.

La solidarité locale à bout de souffle
Jusqu’ici, la réponse repose presque exclusivement sur la générosité des habitants de Mutongo. Cependant, dans cette région déjà fragilisée par l’enclavement, les ressources s’épuisent à vue d’œil.

« Nos familles d’accueil n’ont presque rien, mais elles partagent le peu qu’elles ont. La situation devient intenable », alerte le Mwami. Le partage des maigres réserves de nourriture et l’exiguïté des habitations font peser un risque sanitaire majeur sur la zone.

Face à l’ampleur de la crise, les autorités coutumières lancent un cri d’alarme aux organisations humanitaires et au gouvernement central.

Azarias Mokonzi

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