Tazama RDC

Réouverture de l’aéroport de Goma : l’AFC/M23 renvoie la balle à Kinshasa

Réouverture de l’aéroport de Goma : l’AFC/M23 renvoie la balle à Kinshasa

Alors que la question de la reprise des activités aéroportuaires à Goma est au cœur des préoccupations, Benjamin Mbonimpa, secrétaire permanent de l’AFC/M23, a brisé le silence. Pour le mouvement rebelle, la clé de la réouverture ne se trouve pas entre leurs mains, mais bien à Kinshasa.

Devant un parterre de cadres et de membres du mouvement, Benjamin Mbonimpa s’est montré incisif. Selon lui, le blocage actuel est avant tout une décision politique émanant du pouvoir central. « C’est Kinshasa qui avait fermé l’aéroport de Goma. Il avait fermé l’espace aérien. Avez-vous entendu dire qu’il a ouvert l’espace aérien ? », s’est-il interrogé, pointant du doigt la responsabilité du gouvernement congolais dans l’interruption du trafic.

Au-delà de l’aspect politique, l’AFC/M23 dresse un état des lieux désastreux de l’infrastructure. Benjamin Mbonimpa affirme que l’aéroport a été méthodiquement vandalisé par les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) avant leur retrait de la ville.

« Il y a trois dimensions dans cette histoire : il y a d’abord la dimension technique. Tout a été pillé avant que les FARDC quittent Goma. Elles ont dévalisé l’aéroport, tout saccagé. L’aéroport n’est plus qu’une simple piste, trouée par les bombes », a-t-il déclaré.

Le secrétaire permanent a également soulevé une question sécuritaire majeure : la présence présumée de mines sur le site. Il appelle à un travail de déminage et à une réhabilitation complète, soulignant que la tour de contrôle est aujourd’hui hors service.

Face aux pressions demandant au mouvement de faciliter la reprise des vols, Mbonimpa rejette toute responsabilité dans le blocage actuel. Il rappelle que l’AFC/M23 a été « la première à demander l’ouverture de l’aéroport ». Pour le mouvement, exiger des garanties de leur part est un non-sens tant que Kinshasa n’a pas formellement levé les restrictions aériennes et que les conditions techniques minimales de sécurité ne sont pas réunies.

Le sort de l’aéroport de Goma, poumon économique de la région, reste donc suspendu à un bras de fer où les enjeux techniques se mêlent étroitement aux tensions militaires.

Azarias Mokonzi

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *