Lubero : Le DDR-mobile permet la démobilisation de 142 ex-combattants en trois mois
Le système DDR-mobile produit des effets jugés positifs dans la reddition des combattants en territoire de Lubero. L’antenne du PDDRC-S à Lubero a révélé, ce mardi 21 avril, un bilan d’au moins 142 ex-combattants déjà démobilisés grâce à ce dispositif instauré après la fermeture du centre de transit des ex-combattants de Kasando. Ce centre s’était heurté à des difficultés de fonctionnement suite à l’occupation de la zone par la coalition M23-AFC en 2024.
Éric Kathembo Masinda, chef d’antenne du PDDRC-S Lubero-Butembo, a présenté ces résultats lors d’une réunion du cadre de concertation pour la paix, axée sur la redynamisation, la redevabilité et la vulgarisation de la stratégie nationale du PDDRC-S, tenue le même jour.
« Par cette expérimentation en début d’année, nous venons de totaliser 142 ex-combattants, dont 30 enfants garçons et 5 enfants filles. Pour les adultes, on compte 102 hommes et 5 femmes », a-t-il déclaré. Il a ajouté que parmi les récents cas de reddition figurent deux figures influentes qui faisaient, depuis longtemps, la loi en chefferie de Batangi. Il s’agit des généraux autoproclamés Mamadou Kyakwakithi de Grâce et Ghiress Kaleghe.
« Ces anciens seigneurs de guerre sont désormais impliqués dans la sensibilisation d’autres combattants à déposer les armes et à accompagner le processus de paix. Grâce à leur engagement, le PDDRC-S enregistre actuellement des adhésions massives de combattants», a-t-il souligné.
Cependant, le père Charles Pataya, recteur de l’Université Sainte Croix de Mulo et membre du cadre de concertation, a exprimé des inquiétudes concernant la réinsertion communautaire. Selon lui, au-delà de la formation professionnelle et du soutien en activités génératrices de revenus (AGR) dont bénéficient les ex-combattants, un accompagnement psychologique s’avère également indispensable.
« Oui, les AGR sont importantes, mais il manque aussi un accompagnement psychologique continu pour encadrer ces personnes et prévenir leur retour dans les groupes armés », a-t-il déclaré.
Pour rappel, il y a quelques jours, des ex-combattants ont reçu des cartes biométriques de démobilisation, une étape clé pour bénéficier des avantages liés à la réinsertion, notamment la formation professionnelle et l’appui à la mise en place d’activités génératrices de revenus.
David Mayani