Tshopo : L’urgence humanitaire explose à Bafwasende face à l’afflux de déplacés fuyant les ADF
Le territoire de Bafwasende, dans la province de la Tshopo, est devenu l’épicentre d’une crise humanitaire majeure. Fuyant les atrocités des rebelles ADF en Ituri, des dizaines de milliers de familles s’y entassent dans un dénuement total, tandis que les autorités locales craignent une infiltration de l’ennemi.
Selon l’administrateur du territoire, Willy Simbiye, le recensement provisoire fait étant de plus de 60 000 familles déplacées actuellement enregistrées.
Ces familles, qui ont abandonné champs et maisons sous la menace des machettes et des fusils, manquent de tout. « L’assistance, c’est la priorité. Il nous faut de l’aide humanitaire d’urgence, notamment des vivres et des ustensiles de ménage pour ces familles qui ont tout perdu », a alerté Willy Simbiye.
Sans intervention rapide des ONG et du gouvernement central, le risque de crise sanitaire et de famine est imminent.
Au-delà de l’aspect humanitaire, c’est un défi sécuritaire colossal qui se pose. Les autorités redoutent que les terroristes de l’ADF ne se fondent dans la masse des déplacés pour s’infiltrer dans la Tshopo. Cette tactique permettrait à l’ennemi de mener des attaques surprises ou d’installer des cellules clandestines au cœur d’une zone jusqu’ici épargnée par les violences directes des djihadistes.
Si la vigilance est de mise, les ressources ne suivent pas. Bien qu’un bataillon soit déployé, Willy Simbiye juge les effectifs et la logistique dérisoires face à l’immensité de la zone.
« Je demande aux autorités de renforcer l’armée chez moi et surtout de mieux les équiper pour qu’en cas de problème, la situation soit réglée immédiatement », a-t-il recommandé.
Ce déplacement massif fait suite à une recrudescence de la violence début avril en Ituri. Après avoir réduit en cendres le carré minier de Mushasha, les ADF ont frappé jusqu’au cœur de la cité de Mambasa, poussant les habitants vers Bafwasende, et pour certains, jusqu’à Kisangani.
Si l’armée congolaise a récemment affirmé avoir repris le contrôle de plusieurs localités et poursuivre les terroristes dans les profondeurs de l’Ituri, la peur, elle, reste solidement installée.
La rédaction