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Sud-Kivu : Le gouvernement provincial alerte sur l’installation d’un camp militaire rwandais à Mumosho

Sud-Kivu : Le gouvernement provincial alerte sur l’installation d’un camp militaire rwandais à Mumosho

Le Gouvernement provincial du Sud-Kivu tire la sonnette d’alarme sur une situation qu’il qualifie “d’extrême gravité”, accusant l’armée rwandaise de s’implanter progressivement sur le territoire congolais, en complicité avec les rebelles de l’AFC/M23.

Dans un communiqué officiel signé à Uvira le 18 avril 2026, les autorités provinciales du Sud-Kivu alertent l’opinion nationale et internationale sur des faits jugés préoccupants dans le village de Mumosho, en chefferie de Kabare. Cette entité est actuellement sous contrôle des rebelles de l’AFC/M23, soutenus, selon le document, par le Rwanda.

Le Gouvernement provincial affirme que « des militaires rwandais récemment infiltrés sur le territoire national sont en train d’ériger un camp militaire dans cette localité, en violation flagrante de la souveraineté de la République démocratique du Congo ». Des témoignages locaux sont évoqués pour appuyer ces accusations, renforçant l’idée d’une présence militaire étrangère active dans cette zone sensible.

Selon le communiqué, ces agissements constituent « une atteinte grave à l’intégrité territoriale de la RDC, une provocation manifeste à l’endroit de l’État congolais, et une violation des engagements internationaux ainsi que des processus en cours visant le retour de la paix dans l’Est du pays ». Les autorités provinciales dénoncent une stratégie d’occupation progressive de certaines parties du territoire national, qu’elles jugent inacceptable.

Le Gouvernement provincial condamne avec fermeté « la militarisation illégale des zones habitées, mettant en danger les populations civiles, ainsi que toute tentative de consolidation d’une présence étrangère sur le sol congolais ». Face à cette situation, il exige « l’arrêt immédiat des travaux de construction de ce camp militaire » et appelle au « retrait sans condition de toutes les forces étrangères présentes sur le territoire congolais ».

Dans la foulée, les autorités du Sud-Kivu encouragent le gouvernement central à agir sans délai. Elles demandent notamment de « prendre des mesures urgentes et appropriées pour restaurer l’autorité de l’État dans cette partie du territoire ». Par ailleurs, elles lancent un appel à la communauté nationale et internationale, invitée à « la vigilance et à une prise de position claire face à ces actes répétés d’agression ».

Le communiqué insiste également sur la détermination des autorités provinciales à ne pas céder face à ce qu’elles considèrent comme une menace directe à la souveraineté nationale. « Le Sud-Kivu ne saurait tolérer l’installation progressive d’une occupation de fait appuyée par une force étrangère sur son territoire », avertit le document.

Cette nouvelle alerte du Gouvernement provincial du Sud-Kivu intervient dans un contexte régional déjà marqué par de fortes tensions sécuritaires et diplomatiques. Alors que les initiatives de paix peinent à produire des résultats concrets sur le terrain, la situation à Mumosho pourrait raviver davantage les crispations entre Kinshasa et Kigali. Reste à savoir si cet énième signal d’alarme sera suivi d’actions concrètes capables d’enrayer une dynamique d’escalade qui continue de fragiliser durablement l’Est de la République démocratique du Congo.

Franck Kaky

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