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RDC : L’expansion sanglante des ADF, de l’Ituri à la Tshopo

RDC : L’expansion sanglante des ADF, de l’Ituri à la Tshopo

Alors que l’insécurité persiste dans l’est de la République Démocratique du Cong, une nouvelle ligne de front s’est dessinée ces derniers mois dans cette partie du pays. Les Forces démocratiques alliées (ADF), autrefois localisées au Nord-Kivu et en Ituri, étendent désormais leur sillage de terreur vers la province de la Tshopo, ce provoque une onde de choc au sein de la communauté internationale.

L’alerte est venue de Genève. Lors de la 61ᵉ session du Conseil des droits de l’homme, ce mercredi 25 mars, l’ONU a exprimé sa vive inquiétude face à la progression géographique de ce groupe jihadiste. Nada Al-Nashif, Haut-Commissaire adjointe aux droits de l’homme, a affirmé que les ADF ne se contentent plus de leurs bastions historiques ; ils frappent désormais au cœur de la province de la Tshopo.

Depuis octobre dernier, fait-il savoir, l’escalade de la violence a franchi un nouveau palier. Le groupe est accusé d’avoir tué plus de 260 civils, forçant des milliers de familles à l’exode. Au-delà des massacres, les rapports onusiens dénoncent des crimes de guerre systématiques, notamment l’asservissement sexuel de femmes et de jeunes filles.

Le point de rupture récent se situe à Muchacha, à environ 100 kilomètres de Bafwasende. Le 12 mars, une double attaque coordonnée contre des sites miniers a coûté la vie à 17 personnes. Ce raid a provoqué un déplacement massif de population : plus de 7 000 déplacés ont fui vers les centres urbains de Bafwasende et Kisangani, fuyant une menace qui semble désormais hors de contrôle.

Cette expansion territoriale vers l’ouest pose avec acuité la question de l’efficacité de la réponse sécuritaire. Depuis mai 2021, les armées congolaise (FARDC) et ougandaise (UPDF) mènent des opérations conjointes pour déraciner la rébellion.

Pourtant, près de quatre ans plus tard, le constat est amer. Loin d’être neutralisés, les ADF font preuve d’une résilience alarmante, contournant les zones de pression pour s’en prendre à des populations civiles jusqu’ici épargnées. Pour les observateurs, cette nouvelle percée dans la Tshopo souligne les limites de la stratégie actuelle et l’urgence d’une réévaluation de la protection des civils dans cette région stratégique de la RDC.

Azarias Mokonzi

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