Nord-Kivu : Plus de 1 400 morts en moins d’un an dans les mines de Rubaya sous contrôle de l’AFC-M23
Plus de 1 400 personnes ont péri en moins d’une année dans les mines de Rubaya, victimes d’une série de catastrophes naturelles frappant ce site stratégique de la province du Nord-Kivu. La zone est actuellement sous le contrôle de l’AFC-M23, une rébellion soutenue par le Rwanda.
Ce bilan tragique compile plusieurs éboulements survenus dans différents périmètres miniers depuis juin 2025. Le premier sinistre avait causé plus de 700 décès ; le second, en janvier 2026, avait fait 400 morts, tandis que celui du 3 mars dernier a coûté la vie à 300 personnes.
Ce samedi 7 mars 2026, le décompte macabre s’est alourdi au site de Gakombe, où sept personnes ont trouvé la mort tôt ce matin. Les victimes, toutes des creuseurs artisanaux, ont été surprises par la catastrophe en plein travail. Selon plusieurs sources locales, de nombreux puits d’extraction ont été touchés, et le drame n’a pas épargné les habitations environnantes.
« Des maisons proches du site ont été détruites. Des creuseurs qui se trouvaient encore dans les galeries ont été ensevelis », indique une source locale, précisant que le bilan de sept morts reste provisoire alors que les fouilles dans les décombres se poursuivent.
Au mépris des normes de sécurité imposées par la législation minière, la rébellion impose une exploitation dans des conditions périlleuses. Pour de nombreux observateurs, cette gestion précaire est la cause directe de la répétition de ces drames. Ils estiment que la priorité des rebelles n’est pas la sécurité des exploitants, mais la manne financière issue de l’extraction.
Selon un récent rapport de l’ONU, l’AFC-M23 génère plus d’un million de dollars par mois grâce à cette exploitation illégale. Ces revenus financent l’effort de guerre et permettent au Rwanda d’exercer un contrôle systématique sur ces minerais, avant de les écouler sur le marché mondial.
Azarias Mokonzi