Dialogue de paix: L’AFC-M23 rejete Luanda et s’accroche à Doha
La trêve annoncée, dans la guerre entre les rebelles de l’AFC-M23 et les FARDC, peine à se traduire sur le terrain. Depuis Goma, l’Alliance Fleuve Congo / Mouvement du 23 Mars (AFC/M23) hausse le ton contre Kinshasa, qu’il accuse de poursuivre des opérations militaires malgré les engagements publics en faveur d’un cessez-le-feu.
Dans un communiqué officiel rendu public vendredi 13 fevrier 2026, le mouvement rebelle affirme que « le régime de Kinshasa prétend adhérer à la proposition de cessez-le-feu ». Cela tout en menant, selon la rébellion, « la poursuite délibérée et systématique des violations du cessez-le-feu ». Le mouvement rebelle évoque notamment l’intensification des attaques par drones, conduites avec l’appui, à l’en croire, « d’éléments de l’armée burundaise, des mercenaires et des milices dites Wazalendo ».
Ces accusations interviennent dans un contexte diplomatique pourtant présenté comme porteur d’espoir. La médiation engagée, et saluée par Kinshasa, annonce que la République d’Angola vise à imposer une désescalade durable entre les parties. L’AFC/M23 rappelle d’ailleurs qu’un dispositif technique avait été arrêté lors des discussions de Doha, avec la signature d’un Mécanisme de Surveillance et de Vérification du Cessez-le-feu dont les modalités ont été adoptées début février.
Le mouvement assure « réitérer sa pleine disponibilité à mettre en œuvre le mécanisme convenu », mais dit dénonce en parallèle « des manœuvres dilatoires » et « des cadres et fora parallèles » qui, selon lui, ralentiraient la recherche d’une solution politique.
Au-delà du bras de fer militaire et diplomatique, c’est surtout la situation des civils qui inquiète. Le communiqué fait état d’importantes pertes en vies humaines et de « destructions d’infrastructures civiles, notamment des habitations, des écoles, des églises et des hôpitaux ». Le groupe armé parle d’attaques indiscriminées et condamne le ciblage des civils, en particulier les Banyamulenge « visés en raison de leur identité ». Des faits qu’il qualifie d’« inacceptables et contraires aux principes fondamentaux du droit international humanitaire ».
En tenant pour responsable le régime de Kinshasa et ses alliés pour pleinement responsables des conséquences humaines, sécuritaires et humanitaires de cette escalade, l’AFC/M23 appelle les acteurs régionaux et internationaux à agir rapidement.
Car pendant que diplomates et belligérants s’accusent mutuellement de violer leurs engagements, la réalité demeure brutale. La réalité est que dans les villages touchés, le cessez-le-feu reste une promesse lointaine, et pour les habitants, la paix se mesure moins aux déclarations officielles qu’au silence, encore rare, des armes.
La rédaction