Nord-Kivu : Les avantages accordés aux pays de l’EAC bafoués par la DGM à Kasindi, la société civile sonne l’alarme
La Direction Générale de Migration (DGM) au poste frontalier de Kasindi est accusée de ne pas appliquer les mesures d’exemption de visa au profit des États membres de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC). Cette dénonciation émane de la société civile locale, qui pointe du doigt le traitement réservé aux ressortissants de deux pays voisins : la Tanzanie et l’Ouganda.
Bien que ces pays soient des partenaires stratégiques pour le circuit économique de l’Est de la République Démocratique du Congo, leurs originaires seraient toujours contraints de payer des frais de visa pour entrer sur le territoire congolais.
Par cette dénonciation, la société civile de Kasindi exprime son inquiétude quant à l’impact de ces pratiques sur la stabilité des prix des produits importés.
« Malgré les engagements régionaux de la RDC en tant que membre à part entière de l’EAC, et en dépit des instructions officielles en vigueur, il est régulièrement constaté sur le terrain que les ressortissants tanzaniens et ougandais continuent d’être soumis au paiement du visa d’entrée. C’est une violation manifeste des textes établis », a déclaré Maman Bwanandeke Bin Iremangoma, président de cette structure citoyenne basée à la frontière congolo-ougandaise.
Le président de la société civile souligne également le non-respect du principe de réciprocité migratoire. Il rappelle que la République Unie de Tanzanie a déjà modifié sa législation pour accorder l’exemption de visa aux Congolais, tout comme l’Ouganda qui applique des mesures d’allègement similaires.
« Toutefois, ces efforts ne trouvent pas de réciprocité effective du côté congolais. Cette situation entraîne des conséquences socio-économiques graves : les frais de visa imposés aux partenaires commerciaux étrangers sont systématiquement répercutés sur le prix de vente des marchandises », regrette-t-il.
David Mayani