Guerre du M23 : Le réseau rwandais MTN s’installe à Rutshuru-centre
Alors que la République Démocratique du Congo fait face à un « incident technique majeur » sur ses infrastructures sous-marines, l’opérateur rwandais MTN étend son influence technologique dans les zones occupées par le M23. À Rutshuru-centre et Kiwanja, les cartes SIM étrangères deviennent le seul recours pour une population déconnectée.
Selon des sources locales, le réseau mobile rwandais MTN a franchi une nouvelle étape en installant des répéteurs sur des antennes existantes à Rutshuru-centre, précisément dans le quartier Murambi.
Cette installation technique permet au signal rwandais de percer profondément sur le marché congolais.
Cette installation est suivie des conséquences. les cartes SIM MTN se vendent désormais ouvertement à Rutshuru-centre et à Kiwanja, marquant une forme d’intégration numérique de fait de ces zones à l’écosystème rwandais.
L’engouement des Congolais de la zone pour ces SIM étrangères n’est pas seulement politique, il est utilitaire. Depuis plusieurs jours, l’accès à internet est sévèrement perturbé sur l’ensemble du territoire national. L’opérateur Vodacom Congo a officiellement communiqué sur un incident technique majeur affectant le système de câbles sous-marins WACS « West Africa Cable System« .
Cette panne, couplée à des intrusions signalées dans certains centres techniques à l’Est, a laissé un vide que l’opérateur rwandais s’empresse de combler. Pour de nombreux habitants, capter le signal de MTN Rwanda est devenu l’unique moyen de rester connectés au monde, d’effectuer des transactions ou de s’informer sur l’évolution du conflit.
Si pour les civils il s’agit d’un « droit fondamental à la communication« , cette expansion soulève des inquiétudes majeures. Le contrôle des réseaux par une puissance étrangère dans une zone de conflit pose des questions de sécurité nationale et de surveillance des communications. En 2019 déjà, les autorités congolaises avaient dû démentir tout contrôle rwandais sur leurs infrastructures, mais la réalité physique des répéteurs installés à Murambi pourrait forcer Kinshasa à revoir sa position.
Azarias Mokonzi