Insécurité au Nord-Kivu : Les localités de Mwenye et Bashu en proie à la terreur des ADF
La situation sécuritaire demeure alarmante ce lundi 26 janvier 2026 dans le territoire de Beni. Les incursions répétées des rebelles ADF plongent les groupements de Mwenye, dans la chefferie des Baswagha et de Malio, Chefferie des Bashu dans une crise humanitaire aiguë, marquée par des déplacements massifs de populations.
Après l’attaque sanglante survenue dans la nuit de samedi à dimanche dernier au village de Musenge, situé à la lisière entre les chefferies de Baswagha et de Bashu, le temps semble s’être arrêté. Ce lundi, la localité présente le visage d’un village fantôme, les rues sont désertes et les habitations closes. Malgré le passage des jours, les habitants, traumatisés, hésitent encore à regagner leurs foyers, craignant de nouvelles incursions meurtrières.
Initialement concentrée dans certaines zones de Mwenye, la menace s’est désormais étendue à la chefferie voisine de Bashu. Masika Mwema Gentille, présidente de la société civile de Vurondo, tire la sonnette d’alarme. Elle confirme un déplacement massif de civils fuyant les violences vers le centre de Butuhe.
Cette résurgence de la violence brise un espoir de paix fragile. « Cette situation perturbe à nouveau le quotidien des habitants de Bashu, alors que l’entité commençait à peine à retrouver une certaine accalmie grâce aux efforts de pacification », déplore-t-elle.
Sur le terrain, les témoignages des rescapés sont poignants. La peur a poussé des familles entières à l’exode en pleine nuit. « Nous avons fui Vurondo à minuit. Les rebelles étaient signalés à peine à 5 kilomètres, commettant des exactions. La peur nous a saisis », confie un déplacé.
Si certains ont réussi à atteindre Butembo ou Butuhe, beaucoup d’autres errent sans ressources. De nombreuses familles passent désormais la nuit à la belle étoile, exposées aux intempéries et aux maladies. « Nous souffrons terriblement. La famine risque de nous tuer tous si rien n’est fait », alerte un habitant en détresse.
Face à cette urgence, la société civile locale multiplie les plaidoyers. Elle appelle le gouvernement congolais à un déploiement immédiat et renforcé des forces régulières, en particulier les unités engagées dans l’opération conjointe FARDC-UPDF, pour traquer et neutraliser définitivement les colonnes ADF qui écument la zone.
Parallèlement au volet militaire, une intervention humanitaire d’urgence est sollicitée. Les déplacés, dépourvus de nourriture, d’eau potable et d’abris, dépendent désormais de la solidarité nationale et internationale pour survivre à cette nouvelle tragédie qui frappe le Grand Nord.
Azarias Mokonzi