Uvira : Kinshasa conteste l’analyse de HRW et exige une enquête complète sur l’occupation rebelle
Le gouvernement de la République démocratique du Congo a réagi à la déclaration de Human Rights Watch (HRW), publiée mardi 20 janvier 2026, relative à la situation sécuritaire dans la ville d’Uvira, au Sud-Kivu, après le retrait des éléments de l’AFC/M23.
Dans un document de mise au point, les autorités congolaises disent avoir pris connaissance du rapport intitulé « Civilians in South Kivu at Risk » (« Les civils en danger au Sud-Kivu »). Kinshasa estime toutefois que cette déclaration serait précipitée et fondée sur une analyse superficielle des faits, alors que la situation d’Uvira, avant, pendant et après le retrait de la rébellion, requiert, selon le gouvernement, une enquête approfondie afin d’évaluer l’ampleur des dégâts et d’établir clairement les responsabilités.
« Le Gouvernement relève que l’analyse proposée par Human Rights Watch met principalement l’accent sur les risques apparus après le retrait du RDF/M23, sans toujours les inscrire dans une continuité objective d’une occupation armée illégale, marquée par des exactions graves contre les populations civiles et une stratégie délibérée de déstabilisation mise en œuvre avant, pendant et au moment même du retrait », précise le document officiel. Une analyse qui, selon Kinshasa, occulte les lourdes conséquences de l’occupation de la ville d’Uvira par la rébellion de l’AFC/M23.
Le gouvernement rappelle par ailleurs que « le retrait du RDF/M23 de la ville d’Uvira, intervenu le 17 janvier 2026, s’est opéré à l’issue d’une période caractérisée par des pillages systématiques, des vols à grande échelle, des menaces, des intimidations et des actions de stigmatisation communautaire, ayant profondément affecté la sécurité des civils et la cohésion sociale ».
Dans ce même document, les autorités congolaises imputent à la rébellion de l’AFC/M23 plusieurs actes ayant aggravé le quotidien des populations locales, notamment des déplacements forcés de civils. Ces mouvements, souligne Kinshasa, ont accentué la vulnérabilité des habitants et compromis leur sécurité.
« Ces déplacements contraints aggravent la vulnérabilité des civils, en particulier des femmes, des enfants et des personnes âgées, et les exposent à des atteintes graves, incluant violences, privations, ruptures familiales et risques humanitaires majeurs », indique la mise au point. Le gouvernement réaffirme également « son attachement aux mécanismes internationaux de protection des droits humains », tout en insistant sur la nécessité du respect « de la vérité factuelle complète, de la hiérarchisation des responsabilités et du principe de non-équivalence entre l’État agressé et la force d’occupation ».
Dans sa déclaration, Kinshasa cite nommément le Rwanda, qu’il accuse d’être à l’origine des désordres attribués à la rébellion de l’AFC/M23 à Uvira. Le gouvernement se dit néanmoins disposé à coopérer avec les mécanismes internationaux compétents, à condition que « les analyses et recommandations reposent sur une lecture rigoureuse du droit international » et n’aboutissent ni à « une dilution des responsabilités » ni à « une inversion des faits ».
Les autorités congolaises estiment que « la situation à Uvira engage directement la responsabilité internationale du Rwanda, du fait de l’intervention de ses forces armées et de son soutien à un groupe armé opérant sur le territoire congolais ». Kinshasa affirme compter sur les voies diplomatiques, judiciaires et multilatérales appropriées afin que les violations du droit international soient reconnues et que justice soit rendue aux populations civiles victimes.
La rédaction