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Lubumbashi : Des dérives dénoncées dans l’opération Kanyama Kasese

Lubumbashi : Des dérives dénoncées dans l’opération Kanyama Kasese

A Lubumbashi, chef-lieu de la province du Haut-Katanga, l’opération Kanyama Kasese, lancée pour lutter contre l’insécurité urbaine et mettre hors d’état de nuire les kulunas et autres délinquants, fait aujourd’hui l’objet de vives critiques. Si son lancement avait été largement salué par la population, des voix s’élèvent désormais pour dénoncer des abus attribués aux forces chargées de sa mise en œuvre.

Selon un témoignage transmis par une source indépendante locale, la population vivait auparavant dans la peur permanente des actes de délinquance. « On avait vraiment applaudi car on était en danger permanent avec ces délinquants », explique cette source, qui souligne l’espoir suscité au départ par l’opération.

Cependant, la situation aurait progressivement changé. Les militaires, censés procéder à l’arrestation des kulunas, sont accusés de ne plus cibler les véritables délinquants. « Mais depuis, les militaires qui devraient arrêter les kulunas font menant le spectacle », déplore la source, qui affirme que ce sont désormais les citoyens ordinaires qui subissent les conséquences de l’opération.

Le témoignage fait état d’arrestations quotidiennes de jeunes, parfois sans motif clair. « On arrête les jeunes tous les jours ici comme pas possible avec comme motif oh tu n’es pas propre », rapporte la même source. Des interpellations auraient lieu jusque dans les quartiers, où l’apparence vestimentaire suffirait à justifier une arrestation. « Ils descendent même dans les quartiers si tu es en babouche on te prend », ajoute-t-elle.

Les accusations vont plus loin, évoquent également des contrôles dans les transports en commun. « Et là mentenant on commence à arrêter même les petits pour contrôler les passagers », affirme la source, qui dénonce un climat de peur généralisée au sein de la population.

Plus grave encore, ces arrestations seraient accompagnées de pratiques d’extorsion. « Pour sortir on demande de grosses sommes d’argent », poursuit le témoignage, évoquant des montants particulièrement élevés. « Les 500.000fc on en peut plus », insiste la source, qui exprime un profond ras-le-bol face à cette situation.

Face à ce qu’elle considère comme une dérive préoccupante, la population en appelle à une prise de conscience et à une intervention des autorités compétentes. « Vous êtes la voix de sans voix svp parlez en notre faveur », a conclu notre source, qui lance un cri d’alarme au nom des habitants de Lubumbashi.

La rédaction

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