Union sacrée : L’échec de la marche du 19 décembre révélateur de la division et la douce dictature dans la majorité présidentielle
Un malaise s’est installé au sein de l’Union sacrée de la Nation, en République Démocratique du Congo, après la marche organisée le 19 décembre 2025 à l’initiative du Secrétaire permanent de la plateforme, l’Honorable Professeur André Mbata. Sur les réseaux sociaux, cette mobilisation a suscité un débat nourri, poussant certains cadres de la majorité présidentielle à prendre publiquement position afin de clarifier leur implication, ou leur non-implication, dans cette initiative.

Dans une déclaration officielle largement relayée, Augustin Kabuya Tshilumba, Secrétaire général de l’UDPS/Tshisekedi et président par intérim du parti, a tenu à lever toute équivoque. Il affirme que cette marche « n’a aucun lien, ni direct ni indirect, avec la popularité ou l’action politique de la Haute Autorité Politique de Référence, Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République et Chef de l’État ».
Comme membre du Présidium de l’Union sacrée, Augustin Kabuya insiste sur le fait qu’il n’a pris part « à aucun moment, à l’organisation d’un quelconque événement au nom de l’Union Sacrée pour la date du 19 décembre 2025 ». Il précise avoir appris l’existence de cette marche exclusivement par les réseaux sociaux, une situation qu’il dit partager avec plusieurs collègues membres du Présidium. Selon lui, cette absence de concertation institutionnelle explique l’absence de nombreux responsables de premier plan de la plateforme.
Le secrétaire général de l’UDPS va plus loin en soulignant qu’« aucune collaboration officielle, aucune décision collective ni aucun cadre formel de coordination n’ont précédé cette initiative ». Dès lors, tranche-t-il, « les résultats, la portée ainsi que les conséquences de cette activité n’engagent ni l’Union Sacrée, ni ses organes dirigeants, ni, a fortiori, la Haute Autorité Politique de Référence ».

Sur le plan partisan, Augustin Kabuya décline toute responsabilité de l’UDPS/Tshisekedi et rappelle fermement que « à ce jour, aucune autre personne que ma personne n’est légalement et statutairement habilitée à engager officiellement le parti, à parler en son nom ou à initier une action publique sous son label ». Il conclut et réaffirme l’attachement du parti présidentiel « au respect strict des procédures internes, à la discipline partisane et à la cohérence politique indispensables à la consolidation de l’action présidentielle et à la stabilité des institutions ».
Cette position trouve un écho au sein d’autres composantes de la majorité. Réagissant sur son compte X, Billy Kambale, secrétaire général de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), formation politique de Vital Kamerhe et membre de l’Union sacrée, a estimé que la clarification apportée par Augustin Kabuya était pertinente. « Cette précision vaut la peine et est partagée par la majorité des cadres de la plateforme présidentielle », a-t-il écrit.
Billy Kambale insiste également sur les exigences organisationnelles qu’implique une telle mobilisation. Selon lui, « pour organiser une marche, il faut une préparation rigoureuse, une mobilisation tous azimuts et surtout une communication relayée par les canaux officiels ». Une sortie qui met en lumière les divergences internes sur les méthodes de fonctionnement au sein de la coalition au pouvoir.
Ces prises de position révèlent, en toile de fond, les tensions persistantes autour de la coordination et de la communication au sein de l’Union sacrée, à un moment où la majorité présidentielle est appelée à afficher cohésion et discipline dans un contexte politique sensible.
La rédaction