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Accord de Washington : Kagame et Tshisekedi attendus pour un face-à-face devant Trump, assistés des présidents burundais et kényan

Accord de Washington : Kagame et Tshisekedi attendus pour un face-à-face devant Trump, assistés des présidents burundais et kényan

Plus de suspense ! Félix Tshisekedi, président de la République démocratique du Congo, et Paul Kagame, président de la République du Rwanda, se retrouveront en tête-à-tête à la Maison-Blanche pour entériner l’accord de paix signé en juin dernier à Washington.

D’après la Maison-Blanche, qui a confirmé l’information ce lundi 1er décembre 2025, les deux chefs d’État parapheront l’accord ce jeudi 4 décembre 2025. Seront notamment présents à cette cérémonie le président burundais, allié de la RDC, et le président kényan, allié du Rwanda.

Cette ratification doit donner suite au cadre d’intégration économique adopté début novembre. Washington cherche à stabiliser une zone stratégique pour les chaînes d’approvisionnement occidentales en cobalt, cuivre, lithium, or et tantale. Selon la Maison-Blanche, l’objectif est de créer un climat d’affaires paisible susceptible de faciliter des investissements de plusieurs milliards de dollars.

Un accord sans effet sur le terrain

Cependant, depuis la signature de l’accord en juin dernier, aucune avancée significative n’a été constatée sur le terrain. Les deux pays s’accusent mutuellement de violations du cessez-le-feu. Si, pour la RDC, la paix passe par le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais, le Rwanda, quant à lui, conditionne le retrait de ses mesures de défense à la neutralisation des FDLR, un groupe armé rwandais qualifié de génocidaire par le régime de Kigali.

Ces discussions freinent les avancées diplomatiques et provoquent la continuité des hostilités. « Il n’y aura pas de paix tant que les FDLR, qui, selon Kigali, sont soutenus et financés par Kinshasa, ne seront pas neutralisés. C’est la neutralisation de ces génocidaires FDLR qui ouvrira la voie à la levée des mesures de défense. Ce qui se passe sur le terrain ne correspond pas à l’esprit des divers accords de paix proposés ou signés, notamment l’accord de Washington ou le cadre de Doha », avait dénoncé le mois dernier sur RFI Olivier Nduhungirehe, ministre rwandais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale.

En revanche, l’armée congolaise continue de dénoncer les multiples violations commises par le Rwanda et ses partenaires : exactions sur les civils, attaques continues sur ses positions.

Cette bataille médiatique fragilise les mesures de confiance adoptées par les deux parties dans l’accord. La RDC revendique sa souveraineté, qui doit être respectée pour faciliter l’exécution de cet accord respecté sur papier mais violé sur le terrain. Goma, Bukavu, les principales villes du Nord et du Sud-Kivu, ainsi que plusieurs autres entités, restent occupées par les rebelles du M23 et les troupes rwandaises. Dans ses différentes sorties médiatiques, Paul Kagame n’envisage pas de céder les entités contrôlées par les rebelles. Certaines sources proches du régime révèlent d’ailleurs que Kigali prévoit d’intensifier les hostilités pour la conquête de nouvelles zones, surtout riches en minéraux stratégiques.

Ce jeudi, alors que la Maison-Blanche annonce une journée historique, Kinshasa et Kigali campent chacun sur ses positions.

Azarias Mokonzi

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