Pillage et prédation » au Katanga : Une tempête judiciaire et politique s’abat sur le clan Tshisekedi
L’affaire sur le pillage présumé des mines katangaises, qui cible le clan Tshisekedi, prend une autre tournure. Après le dépôt d’une plainte visant les proches du président Tshisekedi, les magistrats belges ont exigé l’accès à l’historique complet des comptes bancaires de la première dame, Denise Nyakeru, ainsi que de ceux des enfants et des frères du chef de l’État, tous de nationalité belge.
Cette demande fait suite à une enquête ciblant la famille présidentielle. Elle a été initiée par plusieurs ONG katangaises et quatre anciens dirigeants de la Gécamines, représentés par les avocats Mes Bernard et Brieuc Maingain. Ils accusent le clan Tshisekedi de « pillage et de prédation » des mines katangaises, des accusations auxquelles s’ajoutent la corruption, le détournement de fonds et le blanchiment d’argent.
Les magistrats belges ont axé leur enquête sur les comptes bancaires de ces personnes, pour identifier d’éventuels circuits de blanchiment et des investissements réalisés à partir de fonds suspectés de provenir de l’exploitation minière illégale.
Les enquêteurs soupçonnent un circuit mafieux permettant des opérations incompatibles avec les revenus déclarés.
Malgré la tempête de ces accusations, les proches de Tshisekedi réclament des preuves. Le frère du président de la République, Jacques Tshisekedi, a dénoncé ces allégations, qu’il qualifie de « mensongères », et déplore l’instrumentalisation de ces ONG, que d’aucuns estiment proches de l’ancien président Joseph Kabila.
Cette affaire, non seulement, met la famille présidentielle sous le feu des projecteurs, mais elle révèle également un coup politique qui vise à régler des comptes avec le clan Kabila, à couteaux tirés avec le régime actuel depuis près de cinq ans. Le clan Kabila est accusé de son côté par le régime d’entretenir la rébellion du M23 pour, d’une part, déstabiliser les institutions, et de l’autre, piller les minerais rares dans l’Est de la RDC. Cette affaire revêt donc des dimensions sociales, politiques et diplomatiques.
Azarias Mokonzi