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Lubero : Les femmes accusent le gouvernement de minimiser les atrocités des ADF

Lubero : Les femmes accusent le gouvernement de minimiser les atrocités des ADF

Les mouvements « Rien Sans les femmes », RSF en sigle, et la « Synergie des femmes pour la paix » dressent un tableau sombre de la situation sécuritaire dans le territoire de Lubero, où les femmes et les enfants sont les principales victimes.

Dans une déclaration datée du mercredi 19 novembre 2025, ces structures féminines rappellent les différents cas d’exactions et d’atrocités commises par les porteurs d’armes, plus particulièrement les terroristes ADF-MTM.

Cette déclaration, lue par le Docteur Jocelyne Nzenze devant l’administrateur militaire du territoire de Lubero, a notamment abordé le cas des massacres de Byambwe.

« Le degré des massacres sur le territoire de Lubero nous inquiète et nous pousse à alerter notre gouvernement ainsi que la communauté internationale pour qu’ils portent un regard strict et vigilant sur cette crise sécuritaire qui ne cesse de nous endeuiller jour après jour et dont les femmes sont les plus victimes », a-t-elle déclaré.

La déclaration des femmes de Lubero s’inquiète de l’attention particulière que le gouvernement semble accorder à la guerre du M23-AFC, créant ainsi, par un silence, un couloir libre aux terroristes ADF-MTM et à d’autres groupes armés négatifs qui insécurisent les paisibles citoyens.

« Ce qui est étonnant, c’est que notre gouvernement congolais, ainsi que la communauté internationale, semblent se concentrer davantage sur la guerre du M23-AFC, alors que les ADF, qui opèrent en RDC et en Ouganda, ainsi que d’autres porteurs d’armes incontrôlés, ne cessent de nous endeuiller. Les cas les plus récents sont : le mercredi 12 novembre, une étudiante de l’ISTM Butembo a été abattue alors qu’elle quittait l’auditoire. Le même mercredi, une mère de jumeaux a été assassinée par un militaire incontrôlé à Kanyatsi, dans le groupement Mbulie, chefferie de Batangi. Dans la nuit du vendredi 14 au samedi 15 novembre 2025, plusieurs cas d’assassinats, de meurtres et de massacres, faisant plus d’une vingtaine de personnes, ont été enregistrés à Byambwe, groupement Manzia, chefferie de BASWAGHA, œuvres des ADF », dit la déclaration.
Parmi les personnes tuées figuraient 11 femmes malades qui étaient hospitalisées au centre de santé de référence de Byambwe. Deux accouchées faisaient aussi partie de la liste des personnes tuées, laissant derrière elles deux orphelins, précise « Rien Sans les femmes« .

Selon cette structure féminine, il est évident de dire que l’ennemi a déjà un plan préétabli qui consiste à éliminer la femme congolaise, la femme du Kivu, ou mieux, à faire disparaître toute une communauté.

Un rappel est ainsi lancé au gouvernement congolais ainsi qu’à la communauté internationale d’œuvrer pour la restauration de la paix et de mettre en place un mécanisme de prise en charge des orphelins des mères tuées, et de sécuriser les structures sanitaires qui sont aujourd’hui menacées par la guerre, alors qu’elles sont censées jouir du droit international humanitaire.

Quant à l’autorité territoriale qui a réceptionné la déclaration des femmes de Lubero, elle a assuré que ce document, qui fait office de dénonciation, sera acheminé à qui de droit. Elle a cependant rassuré que les forces conjointes FARDC-UPDF sont déjà déployées dans les villages où les ADF commettent des exactions.

David Mayani

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