RDC : Accusé de collaborer avec les ADF, leader des VDP, Mayani rejette les dix charges retenues contre lui
Au moment où certains acteurs de la société civile l’accusent de collaborer avec les ADF dans les massacres qui visent des civils dans la partie Grand Nord de la province du Nord-Kivu, le général-major, autoproclamé, Kambale Mayani Germain se retrouve au cœur d’un dossier disciplinaire qui comprend dix charges. Mais dans un document daté de ce 20 novembre 2025 et signé à partir de Kalunguta par sa cellule de communication, ses proches dénoncent un dossier sans arguments et réfutent point par point les accusations portées contre lui.
Au sujet de la prétendue non-assistance à personne en danger, ses défenseurs affirment que cette charge est infondée. Ils soutiennent qu’« il fait plus de 7 ans qu’il assiste une pluralité de personnes pendant le passage d’ADF en les fouillant et bon nombre de civils échappent à la mort ».
Ils réfutent également l’idée qu’il aurait failli à ses responsabilités sécuritaires. Le document insiste sur le fait que Mayani est un combattant engagé, et assure que « lui est un VDP qui travaille jusqu’à sa sueur du dernier sacrifice en sécurisant la population et les institutions publiques en appuis de FARDC et UPDF », et rappelent même des pertes de vies humaines au champ de bataille, que Mayani a enregistré jusqu’à présent.
À propos de l’abandon de poste ou des munitions, la CELCOM avance une chronologie et précise « en 2019 il a remis officiellement les armes au chef d’État-Major Général, le Général Mbala Munsese », et depuis lors, « il n’a jamais été doté d’aucune arme ni munition ». La cellule de communication ajoute même que les armes qu’il utilise proviennent de récupérations de l’ennemi.
En ce qui concerne la désobéissance, ses proches expliquent que le contexte de guerre impose une autre logique opérationnelle. « Un pays en guerre ne régit qu’aux ordres de traques d’ennemis, non corruption ou traîtrise sont les ordres qu’il obéi et son hiérarchie est d’accord », disent-ils.
Le dossier de charges évoque également le non-respect des consignes, ce que la CELCOM balaie d’un revers, expliquant que Mayani « combattant contre le M23 depuis 2022 à Kinyandoni jusqu’aujourd’hui observe le cessez-le-feu, les ordonnances lois et les pourparlers », tout en poursuivant les traques des ADF.
Ses soutiens rejettent aussi l’accusation selon laquelle il serait pisteur ou facilitateur de l’ennemi. A l’opposé, ils affirment qu’il est un « facilitateur et pisteur des FARDC, UPDF et Wazalendo dans les opérations de l’ennemi ».
La charge d’utilisation abusive de deniers publics est elle aussi contestée par les proches du Général major autoproclamé. Ils expliquent que l’installation de l’UPLC à Kalunguta s’était déroulée sous les yeux de toutes les autorités compétentes, et affirment qu’il n’existe « pas de taxes ni barrières », seulement « des collectes volontaires de la population » destinées à soutenir « notre patriotisme ».
Quant à l’accusation d’extorsion, ses défenseurs affirment qu’« aucune plainte de la population déclara l’extorsion quelconque », estimant que « cette charge est une baliverne ».
Le document rejette également l’idée qu’il aurait escroqué ou trompé l’État et laisse entendre que « le 14 mars 2019, il signa un acte d’engagement avec l’État congolais de cessation des hostilités », un engagement conclu sous supervision de la CENCO et des FARDC, selon les proches.
Mais aussi, sur l’insubordination, la CELCOM rappelle que Mayani « a été le premier leader des mouvements politico-militaires d’avoir adhéré à l’idéologie du chef de l’État », soulignant qu’il continue d’agir, en tant que commandant de la Synergie VDP Front Grand-Nord, avec « subordination, collaboration et courtoisie » vis-à-vis de la hiérarchie militaire.
La CELCOM insiste sans ambiguïté que « toutes ses charges à la personne du Gen Maj Kambale Mayani Germain sont sans arguments ».
Dans un contexte où les accusations contre les leaders locaux se multiplient et alimentent la méfiance des populations, la position ferme de Mayani et de ses proches illustre combien les conflits dans le Grand Nord restent complexes et mêlent guerre, politique et luttes pour l’image auprès de l’opinion publique.
Franck Kaky