Tazama RDC

RDC : La communauté Hutu dénonce un “génocide silencieux” et exige une protection internationale

RDC : La communauté Hutu dénonce un “génocide silencieux” et exige une protection internationale

La communauté Hutu congolaise a lancé un cri d’alarme face à ce qu’elle qualifie de “violence ciblée” dans l’Est de la République démocratique du Congo. Dans une correspondance adressée au President congolais, Félix Tshisekedi, le 13 Août dernier et aux instances internationales, la communauté hutu affirme vivre depuis plus de 30 ans sous la menace d’exactions récurrentes et organisées.

« Depuis plus de trois décennies, la communauté Hutu congolaise subit de plein fouet les conséquences tragiques des guerres d’agression répétées contre la République Démocratique du Congo« , peut-on lire dans la correspondance. Ezéchiel Sebuliri, Président National de la Communauté Hutu congolaise en République Démocratique du Congo, dénonce des conflits alimentés par des interventions étrangères qui auraient coûté la vie à des milliers de nos compatriotes et anéanti « nos moyens de subsistance, nos infrastructures et notre tissu social« .

Les récentes tueries à Binza, dans le territoire de Rutshuru, sont au cœur des préoccupations. La communauté hutu affirme que ces violences, documentées par des organisations jugées crédibles, se traduisent par « des exécutions sommaires, des déplacements massifs, la destruction des habitations et la confiscation des terres« .

Le Président National pointe directement du doigt « l’armée rwandaise et ses supplétifs du mouvement armé M23« , et les accuse de « graves violations des droits humains et du droit international humanitaire, visant particulièrement notre communauté« . Il prévient que « si cette situation n’est pas arrêtée, elle menace la survie même des Hutus congolais en tant que groupe ethnique au sein de notre pays« .

Parmi les revendications, la communauté hutu demande « la mise en place urgente d’un mécanisme de protection internationale » et « l’ouverture d’enquêtes indépendantes par les instances onusiennes et régionales afin d’établir les responsabilités dans les massacres« . Elle réclame également « la reconnaissance officielle des crimes subis depuis plus de 30 ans comme crimes de guerre et crimes contre l’humanité » ainsi que « des mesures concrètes de réparation pour les victimes et leurs familles« .

« Nous croyons fermement que la protection des droits humains et la préservation de la dignité humaine ne peuvent souffrir de sélectivité« , insiste la correspondance, qui appelle la communauté internationale à agir avec la plus grande diligence pour empêcher que « cette tragédie ne se transforme en un génocide silencieux« .

Signalons que depuis trois décennies de guerre dans la région des Grands Lacs, les membres de la communauté Hutu restent parmi les plus affectés dans l’Est de la République Démocratique du Congo, où ils sont majoritaires dans les territoires de Masisi, Rutshuru au Nord-Kivu, et Kahele au Sud-Kivu, ravagés par les guerres récurrentes.

La Rédaction

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *