Confits armés en RDC: Washington sanctionne le responsable de PARECO-FF
Ce mardi 12 août 2025, le Bureau du contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Département du Trésor américain a annoncé des sanctions contre plusieurs entités liées, selon Washington, à la violence des groupes armés et au commerce de minéraux critiques en République démocratique du Congo (RDC). Parmi elles, la Coalition des Patriotes Résistants Congolais-Force de Frappe (PARECO-FF), accusée d’avoir exploité illégalement des sites miniers stratégiques à Rubaya, dans le territoire de Masisi, dans la province du Nord-Kivu.
Dans son communiqué, l’OFAC affirme que le commerce des minerais du conflit fait des ravages parmi les civils congolais, alimente la corruption et empêche les entreprises respectueuses de la loi d’investir en RDC. Les États-Unis estiment que PARECO-FF a « généré des revenus en supervisant les opérations minières, en collectant des taxes et impôts illégaux auprès des mineurs et en se livrant à la contrebande de minerais », tout en recourant « au travail forcé » et en ayant « exécuté des civils dans les zones minières sous son contrôle ».
Les autorités américaines soulignent également que ces minerais transitaient souvent via le Rwanda avant d’être acheminés vers des marchés internationaux, en particulier en Chine, par le biais de sociétés comme la Coopérative des Artisanaux Miniers du Congo (CDMC) et ses partenaires East Rise et Star Dragon, basées à Hong Kong. « Le Département du Trésor n’hésitera pas à prendre des mesures contre les groupes qui empêchent les États-Unis et leurs alliés d’accéder aux minerais essentiels à notre défense nationale », prévient John K. Hurley, sous-secrétaire au Trésor.
Face à ces accusations, Sukisa Ndayambaje, présenté comme responsable de PARECO-FF, rejette catégoriquement toute implication. « Moi je suis un homme intègre, un homme de sa communauté parce que j’ai pacifié Masisi avec toutes les communautés », affirme-t-il, avant de rappeler que « quand il y avait des conflits, dans Masisi j’ai atténué certains conflits, à Walikale j’ai travaillé correctement, j’ai installé la société Alpha Mine qui fait l’exploitation là-bas».
Sukisa soutient qu’il n’a jamais pactisé avec des groupes hostiles à la RDC et qu’il est aujourd’hui la cible d’une machination interne. « Je ne suis pas en procès avec les ennemis de la République, je ne suis pas en procès avec eux », insiste-t-il. Mais, il met en cause un ancien collaborateur.« Mon titulaire a choisi le camp de l’AFC-M23 qui est en train de salir mon nom inutilement et puis il utilise des ingrédients comme ça», explique-t-il dans un entretien téléphonique accordé à tazamardc.net.
Tout de même, il réaffirme sa loyauté à l’État congolais, et lâche que « je suis patriote congolais, je défends mon pays et je mourrai pour mon pays».
Entre accusations américaines fondées sur des enquêtes économiques et sécuritaires, et défense appuyée de l’intéressé, l’affaire révèle à quel point l’exploitation minière de l’est congolais reste au cœur des tensions, qui mêlent enjeux géopolitiques, intérêts économiques et luttes d’influence locales.
La rédaction