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Rutshuru/Bwito : L’AFC-M23 ou une machine redoutable de la crise humanitaire

Rutshuru/Bwito : L’AFC-M23 ou une machine redoutable de la crise humanitaire

La situation sécuritaire dans la chefferie de Bwito, dans le territoire de Rutshuru en province du Nord-Kivu, reste préoccupante plusieurs mois après sa prise de contrôle par les rebelles du M23 et leurs alliés de l’AFC. Malgré cette occupation militaire, des milices d’autodéfense dites wazalendo continuent de mener des attaques sporadiques dans certaines zones encore partiellement sous leur contrôle.

Depuis le début du mois de juillet, une nouvelle phase de la crise a été amorcée avec la décision unilatérale des rebelles M23, celle de forcer les populations de plusieurs groupements, dont Mutanda, Kihondo et Bukombo, à se regrouper dans d’autres agglomérations précises comme Mweso, Katsiru, Kashuga, Nyanzale, Kikuku et Kibirizi.

« Le M23 a lancé un communiqué demandant à toutes les populations de se déporter dans les zones spécifiques, pour laisser vides les villages en vue d’opérations de traque contre les wazalendo et d’autres groupes que le M23 qualifie de FDLR« , a témoigné un notable de Nyanzale, sous couvert d’anonymat pour des raisons de sécurité.

La date du 25 juillet avait, selon la même source, été fixée comme délai butoir pour vider les villages. Dans cette logique, même les centres et postes de santé de plusieurs localités ont également été déplacés vers ces agglomérations désignées, ce qui a provoqué un afflux massif de déplacés internes dans des zones déjà fragilisées par la guerre.

Dans la seule cité de nyanzale en groupement de Mutanda par exemple, le taux de Concertation des populations explose avec l’aire de santé de Buhondwa où l’on dénombre 3 933 ménages, soit 22 276 personnes, qui ont été recensées. Dans l’aire de santé de Singa, on enregistre 920 ménages pour 5 935 personnes ; à Nyanzale on parle de 2 956 ménages qui représentent 17 174 personnes ; à Mushikiri 1 705 ménages pour 11 151 personnes ; à Kikuku 1 024 ménages pour 5 939 personnes ; et à Katsiru 3 222 ménages. Ces chiffres alarmants illustrent l’ampleur du déplacement provoqué.

Cette situation s’inscrit dans un contexte de tension croissante, les rebelles ayant annoncé de nouvelles opérations contre les milices locales. Lors de la dernière campagne militaire en juin, le M23 a été accusé d’avoir incendié près de 1 000 maisons dans les villages de Kitunda, Kamodoka et Busesa, lors d’une traque similaire.

Depuis plus d’un mois, les populations déplacées vivent sans assistance humanitaire dans ses zones et se voient interdire tout accès à leurs champs, ce qui accentue la crise alimentaire. Les habitants, affamés, sont contraints de rester dans les zones de concentration sans moyens de survie.

Ce jeudi dernier, une bombe lancée par les rebelles M23 a explosé dans un champ cultivé par des civils. Une femme âgée d’environ soixante ans, sa fille de 24 ans et un enfant ont été grièvement blessés par des éclats d’obus. La mère a succombé de suite de ses blessures à l’hôpital général de référence de Mweso, où elle avait été transférée.

La rédaction

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