Visé par une nouvelle procédure, Constant Mutamba rattrapé par sa logorrhée délirante
Déjà sous le coup d’une première information judiciaire, le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Constant Mutamba, est désormais dans le collimateur d’une nouvelle procédure. Le Procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, a en effet transmis au bureau de l’Assemblée nationale un second réquisitoire, lu en plénière par le rapporteur de cette institution. Ce document demande l’autorisation d’instruire de nouvelles poursuites contre le patron de la justice congolaise.
Dans ce réquisitoire, le procureur reproche au ministre des propos tenus devant le Palais de justice, jugés menaçants envers le pouvoir judiciaire et attentatoires à l’autorité publique. Les déclarations de Constant Mutamba, rapportées dans le réquisitoire, sont sans équivoque :
« Dites au procureur général qu’il ne me verra jamais devant lui pour me défendre. Je n’ai pas peur de la prison, je suis prêt. Il a commis une faute disciplinaire grave. Celui qui fait l’objet d’enquêtes ne peut pas initier une action contre le ministre de la Justice. […] Dites-lui qu’il faisait partie du même groupe de Kabilistes, ce groupe de mafieux. […] Le dieu de mes ancêtres est plus fort que leurs dieux. […] J’attends qu’il justifie tous ses biens. J’attends que les enquêtes sur lui aboutissent. »
Des paroles jugées graves, que le procureur qualifie de « faits paraissant constituer les infractions d’outrage envers les membres du gouvernement, des cours et tribunaux et des officiers du ministère public, de provocations et incitations à des manquements envers l’autorité publique, d’injures publiques et de menaces d’attentat contre l’intégrité physique », en vertu des articles 136.1 et 2, 75, 135 bis et 159 du Code pénal, Livre II.
Le réquisitoire sollicite ainsi l’autorisation de l’Assemblée nationale pour engager une instruction à charge de Constant Mutamba, afin que ce dernier puisse « donner sa version des faits et présenter ses moyens de défense ».
Dans les milieux politiques et juridiques, les interprétations divergent. Certains dénoncent un acharnement judiciaire orchestré par le même procureur, à l’origine de la première procédure. D’autres estiment que Constant Mutamba paie le prix d’un excès de zèle, nourri par une logorrhée enflammée, souvent à la limite de l’outrance.
Azarias Mokonzi