Tazama RDC

RDC : Kabila accuse le clan Tshisekedi de dérive autoritaire et de mauvaise gestion chronique

RDC : Kabila accuse le clan Tshisekedi de dérive autoritaire et de mauvaise gestion chronique

Dans une prise de parole rare, mais d’une clarté dérangeante, l’ancien président Joseph Kabila a livré un constat sans appel sur l’état actuel de la République démocratique du Congo. Dénonçant une économie sans vision et une justice instrumentalisée, il accuse ouvertement le pouvoir en place de dérive autoritaire et de mauvaise gestion chronique.

Selon Kabila, l’amélioration apparente des recettes publiques cache une réalité bien moins reluisante. Loin d’être le fruit d’une dynamique économique nouvelle, cette croissance financière s’expliquerait, selon lui, par l’aboutissement des grandes réformes menées entre 2002 et 2018 : nouveau code minier, loi sur la sous-traitance, encadrement du secteur des assurances et des hydrocarbures, entre autres.

Mais il regrette que cette manne n’ait pas été orientée vers des investissements structurants. « Aucune infrastructure moderne. Aucune réforme de fond. Aucune impulsion de croissance. » Pour lui, le pays vit sur un capital hérité, géré à courte vue, sans stratégie nationale de développement.

Plus alarmante encore est sa charge contre le système judiciaire. « Elle a démissionné », affirme-t-il. Loin d’être un pilier républicain, la justice congolaise serait devenue, selon Kabila, un outil de persécution au service d’un pouvoir qui « tente de survivre par la terreur ».

Il va jusqu’à accuser les milices tribales, la police nationale et les services de renseignements d’être enrôlés dans ce dispositif répressif. Une justice réduite à un théâtre d’ombres, où les libertés fondamentales sont étouffées au nom d’une pensée unique imposée.

Cette sortie ne peut être lue comme anodine. À l’approche d’échéances politiques majeures, alors que la situation sécuritaire à l’Est du pays se détériore, les mots de Joseph Kabila sonnent comme une mise en garde. Derrière le constat, se profile un appel à la vigilance, voire un signal de réengagement politique.

Cette déclaration intervient dans un contexte marqué par des tensions politiques croissantes, des incertitudes économiques et une insécurité persistante à l’Est du pays. Elle relance le débat sur l’efficacité de la gouvernance actuelle, la gestion des institutions publiques et la trajectoire démocratique de la RDC. Les propos de l’ancien président suscitent déjà des réactions diverses au sein de la classe politique et de l’opinion publique.

Rédaction

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *