Convocation de Joseph Kabila: « Le Sénat s’est soumis, l’Histoire jugera » (Francine Munyumba)
C’est une charge d’une rare virulence. Francine Muyumba, ancienne sénatrice et figure montante de la jeunesse politique congolaise, a lancé ce mardi 20 mai une violente salve contre le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, qu’elle accuse d’avoir compromis l’indépendance de la chambre haute du Parlement.
Dans un message publié sur son compte X (anciennement Twitter), l’ex-parlementaire dénonce une institution « aux ordres », et attribue les dérives observées à l’ancien premier ministre.
« Parler de rigueur et de transparence alors que vous cautionnez des violations graves des lois de la République, c’est faire offense à l’intelligence du peuple congolais », écrit-elle.
Le cœur de sa critique vise des « actes manifestement irrecevables en droit », introduits selon elle sous l’autorité tacite de la présidence du Sénat. Francine Muyumba accuse Jean-Michel Sama Lukonde d’avoir favorisé l’examen de dossiers entachés de vices juridiques, dans un but qu’elle estime politique :
« Être utilisé pour légitimer l’illégitime », déclare-t-elle, sans fournir de détails sur les textes ou les cas concernés.
Dans la dernière partie de son message, Francine Muyumba affirme que « l’Histoire retiendra que, sous votre présidence, le Sénat congolais a troqué son indépendance contre une soumission aveugle ». Elle en appelle à un retour aux principes constitutionnels et au respect du droit.
Au moment de la publication, la présidence du Sénat n’avait pas encore réagi à cette déclaration. Aucune communication formelle n’a été diffusée pour répondre aux accusations de l’ancienne sénatrice.
Cette sortie intervient alors que le climat institutionnel au sein du Parlement est marqué par de fortes tensions. Des critiques récurrentes sont formulées sur le rôle et le fonctionnement des institutions, notamment sur la séparation des pouvoirs et l’indépendance des organes parlementaires. La déclaration de Francine Muyumba s’inscrit dans une séquence politique où la gouvernance des organes législatifs fait l’objet d’une attention croissante.
Eugène Vomba