Goma: Plusieurs jeunes quittent la ville, par peur d’être enrôlés forcément au sein de l’AFC-M23
Depuis près d’un mois, les éléments du M23-AFC imposent des patrouilles musclées et des couvre-feux dans presque tous les quartiers de la ville de Goma, en province du Nord-Kivu. Lors de ces opérations, les hommes, en particulier les jeunes, semblent être les principales cibles.
Face à cette situation, plusieurs jeunes ont pris la décision de quitter Goma pour se réfugier dans des zones encore non contrôlées par le M23-AFC.
« J’ai déjà été arrêté à deux reprises par les militaires du M23, avec mes amis. Nous avions été embarqués dans une jeep jusqu’à l’aéroport international de Goma, puis relâchés après deux jours. Malheureusement, certains de mes amis sont toujours entre les mains de ces éléments armés. C’est pourquoi j’ai décidé de partir vers ma cité natale de Kasindi », témoigne Issa Katembo, rencontré dans une agence de voyages en compagnie d’autres jeunes hommes.
Depuis l’entrée du M23-AFC à Goma, de nombreux jeunes hommes sont portés disparus dans leurs familles. Selon des sources locales fiables, plusieurs d’entre eux auraient été transférés de force vers le territoire de Rutshuru pour y suivre une formation militaire, tandis que d’autres se rendraient volontairement. Plusieurs fois, dans ses prises de parole, des cadres de l’AFC-M23 affirment que ces jeunes envoyés à la formation sont des wazalendo qui s’étaient retranchés dans des quartiers lors de la chutte de la ville de Goma.
Un silence coupable
Malgré les multiples violations des droits de l’homme commises par les rebelles du M23, la communauté internationale reste dans un mutisme inquiétant, fait savoir Bénédiction Murabazi, un activiste des droits humains et militant de la LUCHA. Selon lui, face à la cruauté que traverse la population de Goma et d’autres zones contrôlées par les rebelles du M23, la communauté internationale doit réagir avec détermination sans se limiter aux déclarations.
« Ce que traverse aujourd’hui la ville de Goma pour moi c’est une situation humaine qui est vraiment insupportable en plus d’ailleurs tout les régions sous le contrôle du M23, aujourd’hui sont devenues des zones dépourvues de lois où les civils sont tués et ce qui est encore triste c’est le fait qu’ils sont enrôlés de force dans cette rébellion. Moi je pense que la communauté internationale ne peut plus ignorer cette réalité. Il est grand temps qu’elle réagisse maintenant avec détermination et cesser de se contenter juste de déclarations. », a-t-il déclaré.
Dans la foulée, ce dernier exige de la communauté internationale d’amorcer des enquêtes pour établir les responsabilités des auteurs de ces crimes, d’une part et de l’autre de continuer à sanctionner les rebelles et leurs parrains pour des violations massives des droits humains dans les zones sous leur contrôle.
« Pour ce moment, ce que je demande et ce qui est encore plus pratique à la communauté internationale c’est : 1. de faire enquête internationale indépendante sur les tueries en cours dans tout les zones qui sont aujourd’hui entre les mains de ces rebelles, 2. La communauté internationale doit continuer aussi avec des sanctions spécifiques contre les chefs du M23 et ceux qui le soutiennent notamment le gouvernement rwandais, 3. Elle doit mettre en place des mécanismes de protection immédiate des civils dans les zones occupées par les rebelles, 4, la communauté internationale doit également donner un soutien renforcé aux initiatives de résistance pacifique et de justice menées par plusieurs citoyens congolais.
Et je peux dire aussi que le silence ou l’inaction de la communauté internationale est très souvent considérée comme une forme de complicité, par ce qu’il est vraiment grand temps que le monde entende les appels de Goma qui sont fait par tout les Congolais conscient et qu’elle intervienne », propose Bénédiction Murabazi.
La ville de Goma est confrontée à une montée inquiétante de la criminalité accentuant le climat d’insécurité et de peur au sein de la population.
La rédaction