RDC : Disparition inquiétante de l’activiste Bukasa Kitenge Dorcas à Goma
La famille de Bukasa Kitenge Dorcas, avocate et activiste des droits de l’homme, alerte sur sa disparition depuis le 28 mars 2025 à Goma. Cette militante engagée dans plusieurs structures locales aurait été victime d’agressions et des menaces persistantes avant de devenir injoignable.
« Notre fille travaille comme avocate et activiste des droits de l’homme au sein de plusieurs structures dans la ville de Goma », indique sa famille dans une lettre adressée au Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme, BCNUDH, et à la MONUSCO. Elle avait été agressée, dit sa famille, lors d’une attaque armée contre son domicile, le 27 février dernier, ce qui avait conduit à son hospitalisation pour tortures et traumatismes.
Après ce traumatisme, explique la correspondance, Bukasa Kitenge s’est réfugiée à Gisenyi, au Rwanda, pour des raisons de sécurité. Avant sa disparition, « elle recevait des menaces de mort au téléphone. C’est ce qui l’avait motivée à déménager », explique la famille, qui ajoute qu’elle est restée injoignable depuis le 28 mars.
Cette disparition s’inscrit dans un contexte plus large de répression notamment par les rebelles M23 et ses alliés ainsi que des anciens prisonniers des plusieurs crimes qui se sont évadés des prisons lors de l’entrée des rebelles dans les villes de Goma et Bukavu. Des représailles ont été documentées par les organisations de défense des droits humains. Dans un rapport publié le 12 mars 2025, Human Rights Watch rapportait déjà que « des activistes sont régulièrement victimes de menaces et d’intimidation dans les zones sous occupation des rebelles M23 et ses alliés. Certains sont contraints de fuir, d’autres sont arrêtés ou passent à la clandestinité. Plusieurs témoignages font état d’enlèvements, de passages à tabac ou d’appels téléphoniques menaçants, parfois attribués à des officiers de l’AFC».
Selon le même rapport, un militant de Goma affirmait qu’ils ont appelé mes parents pour leur dire que je devais cesser mes activités ou que quelque chose de grave allait m’arriver. Le même rapport documente qu’un autre activiste, basé à Kiwanja, avait reçu un message sur WhatsApp. A en croire notre source, le message en question stipulait que « tu crois que tu es protégé parce que tu parles sur Internet ? On sait où tu dors ».
La famille de Bukasa Kitenge Dorcas, quant à elle, lance un appel aux autorités nationales et internationales pour retrouver leur fille. Elle dit estimer qu’elle pourrait avoir été ciblée en raison de ses activités professionnelles.
La rédaction