Masisi : Un retour progressif des déplacés de guerre signalé dans la cité de Sake
Frappés de plein fouet par des calamités en série, la matinée de ce lundi 4 novembre, les populations déplacées de Sake, une cité située dans le groupement Kamuronza, en territoire de Masisi au Nord-Kivu, a pris la décision collective de retourner progressivement dans leur milieu. Ce retour marque un tournant dans leur quête de réhabilitation après avoir fui les violences liées à la guerre du M23. Cette démarche s’accompagne d’une volonté manifeste de restaurer la vie communautaire, malgré les défis persistants.
De nombreux déplacés, confrontés à des conditions de vie précaires dans les camps, ont exprimé leur désir de revenir chez eux. Selon leurs témoignages, la vie dans les camps est devenue insupportable, les laissant avec peu d’options face à la souffrance quotidienne. « Nous souffrons dans les camps de déplacés. Ici, à Sake, il n’y a pas de M23 ; nous avons seulement peur des Wazalendo, et ils doivent être relocalisés ou instruits », ont-ils déclaré lors d’une rencontre communautaire.
Dans un élan de solidarité, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées pour participer aux travaux communautaires, le « Salongo », un événement organisé par la société civile locale. Cette initiative visait à nettoyer le marché central et à assainir divers quartiers de Sake, symbolisant une première étape vers le retour à la normale. Oswald Kulimushi, président du conseil local de la jeunesse, a souligné l’importance de ces efforts en rappelant que le marché central était envahi par les herbes depuis le départ des habitants en février.
La réunion qui a suivi les travaux d’assainissement a réuni des déplacés, des familles d’accueil et des résidents de Sake. Les discussions ont porté sur les défis à relever pour assurer un retour durable, notamment l’assainissement régulier des parcelles et la sécurité. Nathanaël Mayusi, un leader communautaire, a insisté sur la nécessité d’impliquer les autorités militaires pour garantir la sécurité des habitants, tout en appelant à des efforts de plaidoyer pour rétablir les services de base, tels que l’eau potable.
Déjà, près de 300 ménages ont réintégré leurs habitations à Sake, et des démarches sont en cours pour que les organisations humanitaires apportent leur soutien à ces familles, ainsi qu’à celles de la localité voisine de Mubambiro, également touchée par la crise. Muisha Busanga Léopold, président de la société civile de Kamuronza, a plaidé pour une aide urgente aux familles dont les maisons ont été incendiées ou détruites.
Cette initiative collective témoigne de la volonté indéfectible des habitants de Sake de retrouver une vie normale, malgré les épreuves. Avec le soutien des leaders locaux et de la société civile, ces habitants commencent à réinvestir leur cité, espérant que l’aide des autorités et des organisations humanitaires viendra consolider leurs efforts pour reconstruire leur communauté.
Josué Mutanava
La misère nous pousse à rentrer chez nous, le gouvernement doit prendre des mesures pour nous sécuriser. Vaux mieux mourir aux terres de nos ancêtres que mourrir dans le camp à Mugunga par manque d’eau, nourriture et sécurité.