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Tazama RDC

Révision constitutionnelle en RDC : le moment du contexte mal choisi ?

Révision constitutionnelle en RDC : le moment du contexte mal choisi ?

Le débat sur la la modification ou le changement de la Constitution, continu à faire le choux-gras de la presse en République Démocratique du Congo. La classe politique congolaise est encochée par le discours du chef de l’état qui a levé la voile sur ce débat.

En effet mercredi 23 Octobre à Kisangani, Félix Tshisekedi a exprimé la volonté de son régime à œuvrer dorénavant pour la modification de la constitution. Selon lui, l’actuelle loi fondamentale de la RDC, est une fabrication étrangère qui ne correspond pas aux réalités des congolais.

« Notre Constitution n’est pas bonne. Elle a été rédigée à l’étranger par des étrangers. Il faut une constitution sur base de nos réalités », avait-il déclaré en indiquant que, « ce n’est pas une question d’urgence. L’année prochaine une commission nationale comprennant plusieurs disciplines sera installée pour réfléchir sur notre constitution ».

La goûte qui fait déborder le vase

Ce discours est considéré par l’opposition comme une provocation. D’aucuns estiment d’ailleurs qu’en abondant ce sujet, Tshisekedi a réveillé un grand démon. L’opposant Moïse Katumbi considère l’idée du pouvoir sur la modification de la constitution comme utopique. Pour lui, le problème de la RDC, n’a rien avoir avec la constitution mais la mauvaise gouvernance.

« Je crois que Félix Tshisekedi n’était pas prêt à diriger la RDC. Après six ans au pouvoir, il n’est toujours pas prêt à diriger la RDC, et même si on lui laissait 30 ou 40 ans au pouvoir, il ne serait toujours pas prêt. Il n’y aura pas de changement de la constitution, c’est de l’utopie. Le problème du Congo, c’est la mauvaise gouvernance, ce n’est pas la constitution. Voyez-vous pourquoi le pouvoir s’acharne sur les opposants et toute autre voix discordante ? Et vous comprenez le pourquoi de l’affaire Mulonde ? Félix Tshisekedi vient de commettre ce qu’on appelle trahison. Il a menti au peuple et il a trahi la confiance du peuple. Dans un pays sérieux, Félix Tshisekedi devrait démissionner. Personne n’acceptera qu’on touche à la constitution. Qui vivra verra », répond Moise Katumbi au clan présidentiel.

L’église catholique s’oppose catégoriquement à cette proposition du pouvoir. Dans un entretien avec la presse, l’abbé Donatien Nshole appelle le pouvoir de penser au peuple d’abord. Le prélat catholique juge l’lnopportunité de ce débat pendant cette période où le pays reste fragilisé par la guerre imposée par les rebelles du M23.

« L’homme politique a oublié le peuple d’abord et il est dans ses intérêts. Nous trouvons que c’est une question qui peut déstabiliser le pays dans le contexte actuel, où le pays n’est pas stable. On ne peut pas conseiller ça », a-t-il martelé.

Cependant pour sa part Martin Fayulu pense que Félix Tshisekedi joue avec le feu. Il promet de mobiliser la population contre ce projet.

« Félix Tshisekedi joue avec le feu comme un gamin. Nous ne le laisserons pas toucher à la Constitution. Le peuple a besoin de : 1. L’intégrité territoriale ; 2. L’éradication de la misère ; 3. La sécurité ; 4. Le respect des droits humains ; 5. Des institutions légitimes issues d’élections crédibles. Pour cela, il nous faut la cohésion nationale. Ce n’est pas à cause de la Constitution que plus de 115 localités du pays sont sous contrôle des forces extérieures et que le gouvernement se distingue par la gabegie financière ? La constitution de la République n’empêche personne de travailler, alors j’ai l’impression qu’il n’a rien fait pendant ces six ans passés au pouvoir », a réagit Martin Fayulu.

En dépit de cette opposition, le pouvoir campe sur sa position. Il prévoit sensibiliser la population pour la réussite de ce projet. Même si la constitution elle même prévoit les modalités de sa propre révision, le choix du moment, l’opportunité, l’urgence et les matières à réviser cacheraient une mauvaise intention du pouvoir comme cela a été vu en 2016 avec le pouvoir de Joseph Kabila.

Azarias Mokonzi

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