RDC: Tshisekedi réveille le vieux démon après avoir annoncé une probable révision constitutionnelle
Lors de son meeting tenu tard dans la soirée du mercredi 23 Octobre 2024 à Kisangani, Félix Tshisekedi a évoqué plusieurs questions d’ordre politique, économique et sécuritaire. Le chef de l’État, a exprimé la volonté de son régime de modifier la constitution, cette loi qui l’a pourtant promis de respecter. Tshisekedi estime que l’actuelle constitution est une fabrication étrangère qui ne correspond pas aux réalités des congolais.
« Notre constitution n’est pas bonne. Elle a été rédigée à l’étranger par des étrangers. Il faut une constitution sur base de nos réalités » , dit Félix Tshisekedi, qui poursuit que « Ce n’est pas une question d’urgence. L’année prochaine une commission nationale comprenant plusieurs disciplines sera installée pour réfléchir sur notre constitution ».
Ce discours est commenté différemment par la classe politique congolaise. Prince Epenge de Lamuka, une plateforme politique de l’opposition pense que la constitution que le président de la république tente de vilipender a cimenté l’unité nationale observée actuellement.
« Après avoir suivi Félix Tshisekedi à Kisangani, je confirme qu’il est devenu un danger pour notre pays. La constitution qu’il tente péniblement de vilipender, a cimenté l’unité du pays par voie référendaire, d’ailleurs son père Étienne Tshisekedi, docteur en droit avait prester serment sur la même constitution. Nous espérons que Félix assumera jusqu’au bout les conséquences désastreuses de son aventure » a réagit Prince Epenge du camp Fayulu, dont son leader pense que Félix Tshisekedi joue avec le feu.
« Félix Tshisekedi joue avec le feu comme un gamin. Nous ne le laisserons pas toucher à la Constitution. Le peuple a besoin de : 1. L’intégrité territoriale ; 2. L’éradication de la misère ; 3. La sécurité ; 4. Le respect des droits humains ; 5. Des institutions légitimes issues d’élections crédibles. Pour cela, il nous faut la cohésion nationale. Ce n’est pas à cause de la Constitution que plus de 115 localités du pays sont sous contrôle des forces extérieures et que le gouvernement se distingue par la gabegie financière ? », a écrit Martin Fayulu sur son compte X.
Naguère cette déclaration, Moïse Katumbi avait rappelé que le président Tshisekedi avait milité pour que cette constitution ne soit pas modifiée par le clan Kabila avant les élections de 2018. Ce leader de l’opposition estime que le problème de la RDC, n’est nullement la constitution, mais de la bonne gouvernance.
« Avant d’arriver au pouvoir, il était contre toute modification de la Constitution, ne fut-ce que d’un seul de ses articles pour ne pas ouvrir la boîte de Pandore. C’était le cas également du professeur Mbata, du professeur Ndjoli, du professeur Esambo, le conseiller spécial à la Présidence, qui avait démissionné de la Cour Constitutionnelle pour protester contre toute modification du texte constitutionnel. Je le répète, le problème aujourd’hui en RDC, ce n’est pas la Constitution. C’est la mauvaise gouvernance », avait-il rappellé.
Un analyste politique a d’ailleurs indiqué que, cette déclaration jette de l’opprobre sur les martyres de l’alternance politique de 2018. Il appelle le président de la République à être conduit par la raison.
« Paix aux âmes de nos enfants, en particulier de UDPS, tombés sous les violences du régime de Kabila, qui ont marché, qui s’étaient opposés farouchement au changement de la même constitution ».
En effet, d’aucuns pensent que la constitution prévoit les modalités de sa propre révision. Mais le choix du moment, l’opportunité, l’urgence, les matières à réviser cacheraient une mauvaise intention du régime.
Azarias Mokonzi