Ituri : des jeunes et des enfants déplacés enrôlés de force par la milice CRP à Djugu
Des activistes et défenseurs des droits humains du territoire de Djugu en province de l’Ituri ont lancé une alerte concernant une campagne de recrutement forcé menée par les miliciens de la Convention pour la révolution populaire (CRP), ciblant particulièrement les jeunes déplacés et les mineurs.
Selon les témoignages recueillis auprès des acteurs de la société civile locale, le phénomène, initialement dénoncé sur les réseaux sociaux il y a environ deux mois, s’est considérablement amplifié. Les opérations de recrutement s’étendent désormais à plusieurs villages du groupement de N’Gle, dans la région de Bule.
Les miliciens ciblent en priorité les populations les plus vulnérables notamment les personnes déplacées. D’après plusieurs sources dans la région, de nombreux jeunes vivant dans des conditions précaires sur le site de la plaine Savo font partie des personnes enrôlées de force.
A cela s’ajoutent des enfants figurant parmi les recrues arrachées à leurs communautés. Une fois capturées, les nouvelles recrues sont acheminées vers le village de Lenga afin d’y suivre un entraînement militaire.
Face à la gravité de la situation, les organisations de défense des droits humains exhortent les autorités congolaises à intervenir d’urgence pour stopper ces exactions et sécuriser les sites de déplacés.
Interrogé par Radio Okapi, le défenseur des droits humains Benjamin Ngabu a fermement dénoncé ces agissements en rappelant le cadre légal en vigueur.
« Le recrutement et l’utilisation des enfants dans les groupes et forces armés constituent une grave violation des droits de l’enfant et sont interdits par les lois de la RDC ainsi que par les instruments internationaux, notamment la résolution 1612 du Conseil de sécurité des Nations unies. Nous condamnons avec la dernière énergie les campagnes de recrutement attribuées à la CRP et appelons tous les groupes armés opérant dans le territoire de Djugu à mettre fin à ces pratiques, à libérer immédiatement les enfants recrutés et à favoriser leur retour dans leurs familles et à l’école », a-t-il déclaré.
Alors que la situation sécuritaire demeure préoccupante dans le territoire de Djugu, les acteurs locaux plaident pour une réaction rapide des forces de sécurité et des partenaires de protection de l’enfance afin d’obtenir la libération sans condition des mineurs retenus à Lenga.
La Rédaction