Enfants de la rue et sites des déplacés à Beni : Les oubliés de la riposte contre Ebola
La situation sanitaire des enfants de la rue et des dépendants des militaires vivant dans les sites de déplacés est alarmante. Face à la menace de la maladie à Virus Ebola, ces populations particulièrement vulnérables sont abandonnées à leur sort, sans accès à l’eau potable ni aux infrastructures hygiéniques de base. C’est ce qu’a dénoncé Serge Liwela, coordonnateur de l’association des enfants de soldats au front pour la paix.
Dans un entretien avec TazamaRDC ce jeudi 05 novembre 2026, il a misen lumière une véritable bombe à retardement humanitaire. Selon lui, dans les centres urbains comme dans les zones de refuge, la précarité pousse les enfants de la rue à des comportements à haut risque pour leur santé.
« Ils continuent à ramasser du n’importe quoi », déplore Serge Liwela. En l’absence de structures d’encadrement, la quête quotidienne de nourriture ou d’objets à revendre dans les détritus expose directement ces mineurs aux agents pathogènes, notamment au virus Ebola.
Si la situation des enfants des rues est critique, celle qui prévaut dans les sites de déplacés hébergeant les familles et dépendants des militaires au front est qualifiée de « catastrophe » par le coordonnateur. Dans ces espaces saturés, le dénuement est total et les mesures de riposte contre l’épidémie sont inexistantes.
Les conditions de vie y bafouent les règles sanitaires les plus élémentaires.« Il y a absence totale de latrines. Les enfants et leurs familles ne savent même pas où se soulager lorsqu’ils en ressentent le besoin. Bien que des kits de lavage des mains aient été distribués, ils restent désespérément vides. Les populations disposent du matériel, mais n’ont pas accès à l’eau pour l’alimenter. Aussi des milliers de personnes s’entassent dans des abris de fortune, favorisant une vitesse de propagation fulgurante en cas de contamination. », a-t-il dénoncé.
Pour l’association des enfants de soldats au front pour la paix, l’inaction actuelle des autorités et des partenaires humanitaires prépare le terrain à un désastre futur. L’absence de mesures concrètes et adaptées aux zones militaires et aux sites de déplacés constitue une faille majeure dans la stratégie de lutte contre Ebola.
« Le risque est vraiment énorme, des mesures doivent être prises pour éviter des problèmes demain », prévient Serge Liwela.
Sans une intervention urgente pour installer des latrines, acheminer de l’eau potable et sensibiliser activement ces enfants oubliés, le contrôle de l’épidémie restera une illusion.
Azarias Mokonzi