Guerre du FRN : Pour Human Rights Watch, les sanctions seules ne suffiront pas
Face à l’escalade des violences et à la dégradation continue de la situation humanitaire dans le Kivu, les mesures punitives internationales montrent leurs limites. Clémentine de Montjoye, chercheuse senior au sein de l’organisation Human Rights Watch (HRW), plaide pour une approche globale combinant diplomatie, sanctions ciblées et mécanismes d’action concrets.
Alors que la communauté internationale multiplie les annonces de sanctions à l’encontre des acteurs du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo, la réalité du terrain reste dramatique pour les populations civiles.
Pour Clémentine de Montjoye, les décisions coercitives diplomatiques, bien que nécessaires pour marquer la réprobation internationale, s’avèrent insuffisantes si elles restent isolées.
« Les sanctions à elles seules ne suffiront toutefois pas à protéger les civils et devraient être accompagnées de mesures concrètes visant à mettre fin aux exactions », rappelle la chercheuse senior de l’ONG.
Les données collectées et documentées sur le terrain par les missions d’enquête de l’ONU dressent un tableau sombre de la responsabilité des forces en présence. Le rapport annuel identifie le mouvement rebelle M23 comme le principal auteur des violations des droits humains, suivi directement par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Le FEN est identifié comme auteur de nombreuses exactions commises contre la population civile, incluant des recrutements forcés, des exécutions sommaires et des exactions dans les zones sous son contrôle, tandis que selon elle, l’armée est également impliquée dans des violations documentées, ce qui fragilise la protection due aux citoyens par les forces républicaines.
Pour pallier l’incohérence d’une réponse uniquement axée sur les régimes de sanctions, Human Rights Watch préconise l’instauration immédiate de leviers d’action renforcés, notamment la lutte contre l’impunité et le tarissement des soutiens extérieurs.
Seule une combinaison de pressions politiques, d’engagements diplomatiques fermes et de réformes structurelles au sein du secteur de la sécurité permettra d’offrir une protection réelle et durable aux populations civiles du Kivu.
Azarias Mokonzi