RDC : À Rome, la C64 dit non au 3e mandat et aux armes, et veut rencontrer Tshisekedi et Kabila
Depuis Rome, la Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) durcit le ton. Face à la crise multiforme que traverse la RDC, cette plateforme de l’opposition annonce vouloir imposer une « issue congolaise ».
Dans sa déclaration de du mardi 27 octobre, la C64 ferme la porte à toute révision constitutionnelle par voie référendaire. Pour elle, l’article 220 de la Constitution du 18 février 2006 est intouchable : il verrouille la durée et le nombre de mandats présidentiels.
« Aucune ambition personnelle ni mission invoquée par Félix Tshisekedi et ses partisans, ne justifie la confiscation du pouvoir ou la remise en cause de l’alternance démocratique », tranche la coalition. Et d’ajouter « une Constitution n’a pas à être aimée ni désirée. Elle doit être scrupuleusement respectée et appliquée ».
D’un côté, la C64 dénonce ce qu’elle qualifie de « projet de coup d’État constitutionnel » visant, selon elle, à détourner les institutions et les forces de sécurité pour maintenir le pouvoir au-delà des limites constitutionnelles.
De l’autre, elle condamne avec la même fermeté le recours aux armes pour conquérir le pouvoir, sans toutefois citer nommément le Front pour la Refondation de la Nation (FRN) de Joseph Kabila, présenté comme successeur de l’AFC/M23.
La coalition dresse ainsi ses lignes rouges : non au changement de Constitution, non au troisième mandat, non au report des élections de 2028, non au maintien au pouvoir par contournement, non à la prise de pouvoir par les armes et non à la balkanisation.
Pour sortir de l’impasse, la C64 prend les devants. Elle annonce vouloir rencontrer séparément le Président en exercice Félix Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila avec pour objectif de créer les conditions d’un dialogue national inclusif, capable de préserver l’intégrité du territoire et d’éviter une solution importée.
« La C64 prend l’initiative de rencontrer le président Félix Tshisekedi d’une part, et le Président honoraire Joseph Kabila, d’autre part, afin de trouver une issue congolaise à la crise », insiste le communiqué.
Une démarche qui positionne la C64 comme médiateur entre pouvoir et rébellion, avec un seul mot d’ordre : le respect strict de la Constitution par tous.
Richard Maliro