Ituri : L’épidémie d’Ebola fait rage à Biakato, plus de 20 morts enregistrés par jour sur fond de résistance populaire
L’agglomération de Biakato, située dans le territoire de Mambasa en province de l’Ituri, traverse une crise sanitaire majeure. L’épidémie de la maladie à virus Ebola y circule activement et décime la population locale à un rythme alarmant. L’alerte a été lancée ce mercredi 14 octobre 2026 par Rams Malikidogo, coordonnateur de l’ONG de défense des droits humains APDEF à Mambasa, lors d’un entretien accordé à TazamaRDC.net.
Selon ce défenseur des droits humains, le bilan humain est déjà particulièrement lourd. Les enterrements se succèdent à une cadence effrayante dans la région.
« Par jour, on enterre pas moins de 20 personnes. Les cas de décès ne cessent de se multiplier », s’inquiète Rams Malikidogo.
Le plus alarmant reste la clandestinité dans laquelle surviennent ces décès, ce qui favorise une propagation exponentielle du virus.
« Plusieurs de ces personnes meurent dans leurs maisons. Cela montre que la chaîne de contamination ne cesse de s’étendre et, malheureusement, les cas de résistance augmentent aussi », déplore-t-il.
Sur le terrain, la lutte contre le virus se heurte à une forte hostilité de la part d’une frange de la population. L’APDEF regrette que la résistance face aux équipes sanitaires de la riposte soit toujours d’actualité. Pour échapper au contrôle médical, de nombreux habitants se tournent vers l’automédication ou se cachent lorsqu’ils développent des symptômes.
La situation prend une tournure dramatique au sein de certaines communautés religieuses. « Il y a encore des personnes qui continuent à se faire soigner clandestinement et d’autres se cachent dans des chambres de prière. Récemment, une personne est morte dans la concession d’une église de réveil et son corps a été purement et simplement abandonné », révèle le coordonnateur de l’APDEF.
Face à ce déni, il appelle « la population de vite impérativement comprendre et accepter l’existence de cette maladie. »
Byakato étant désormais identifié comme le principal épicentre de cette résurgence d’Ebola, l’ONG APDEF exhorte le gouvernement et les partenaires sanitaires à agir vite pour éviter une catastrophe humanitaire à plus grande échelle.
Rams Malikidogo demande des mesures logistiques immédiates : « Les autorités doivent couper court à cette chaîne de contamination. Pour cela, il faut amener d’urgence un laboratoire sur place à Biakato. Les équipes de la riposte doivent être déployées rapidement pour circonscrire le virus ».
Alors que les appels à la mobilisation se multiplient, l’urgence reste le rétablissement de la confiance entre les communautés locales et les agents de santé pour briser définitivement la chaîne de transmission.
Azarias Mokonzi