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Tazama RDC

Sud-Kivu : la société civile alerte le Conseil de sécurité de l’ONU sur l’effondrement sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC

Sud-Kivu : la société civile alerte le Conseil de sécurité de l’ONU sur l’effondrement sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC

Devant le Conseil de sécurité des Nations unies mardi 29 Septembre 2026, la Société civile du Sud-Kivu a lancé un appel en faveur d’une réponse internationale plus forte face à la dégradation continue de la situation sécuritaire, humanitaire et économique dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Prenant la parole au nom de la société civile du Sud-Kivu, Néné Bintu Iragi, présidente de la Société civile du Sud-Kivu et coordinatrice de l’association Collectif SIMAM Congo, a salué l’opportunité offerte à la voix des populations locales d’être entendue directement au sein de cette instance internationale.

Elle a également souligné le caractère historique du retour de la RDC au Conseil de sécurité des Nations unies comme membre non permanent pour la période 2026-2027, après plusieurs décennies d’absence, exprimant l’espoir que cette présence puisse contribuer à renforcer les efforts en faveur de la paix, de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale du pays.

Une crise sécuritaire qui dépasse le simple conflit armé

Selon la représentante de la société civile, l’Est de la RDC ne traverse plus seulement une crise sécuritaire, mais une situation d’effondrement profond. Dans plusieurs zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu affectées par les violences, elle affirme que les populations civiles font face à des exactions graves, notamment les assassinats, incendies, arrestations arbitraires, représailles collectives et restrictions des libertés fondamentales.

Elle estime que les violences observées dans plusieurs territoires ne peuvent être comprises uniquement comme des affrontements communautaires ou politiques, mais qu’elles sont également liées au contrôle des ressources naturelles.

« Cette guerre n’est pas seulement une question ethnique, c’est aussi une guerre économique », a-t-elle déclaré, mettant en avant le rôle stratégique des minerais exploités dans la région.

Les minerais au cœur des dynamiques de guerre

La Société civile du Sud-Kivu dénonce l’existence de circuits d’exploitation et de commercialisation des minerais qui, selon elle, alimentent les groupes armés et prolongent les conflits. Elle évoque notamment l’exploitation artisanale de minerais comme la cassitérite, le coltan et l’or dans plusieurs zones minières, avec des mécanismes de taxation illégale et des chaînes d’approvisionnement difficiles à contrôler.

Pour l’organisation, chaque minerai extrait illégalement représente une source de financement pouvant contribuer à l’achat d’armes, au recrutement de jeunes et au maintien des violences.

Elle appelle ainsi à renforcer les mécanismes de traçabilité des minerais et à identifier les acteurs économiques impliqués dans les chaînes d’approvisionnement illicites.

Au-delà de la dimension sécuritaire, la Société civile alerte sur l’ampleur de la crise humanitaire. Elle indique que des millions de personnes ont été contraintes de quitter leurs foyers à cause des conflits, laissant derrière elles leurs terres, leurs activités économiques et leurs moyens de subsistance.

Au Sud-Kivu, elle évoque particulièrement la situation de centaines de milliers de déplacés internes vivant dans des conditions précaires, avec un accès limité à l’aide humanitaire, aux soins et aux services essentiels.

Pour l’organisation, l’assistance humanitaire ne doit pas être considérée comme une simple réponse d’urgence, mais comme un élément central d’une stratégie globale de stabilisation.

Les défenseurs des droits humains en danger

La Société civile du Sud-Kivu attire également l’attention du Conseil de sécurité sur les risques auxquels sont exposés les défenseurs des droits humains, les journalistes et les acteurs communautaires.

Elle affirme que plusieurs personnes engagées dans la documentation des violations des droits fondamentaux sont victimes de menaces, d’arrestations ou de pressions. Elle appelle au renforcement de la protection des défenseurs des droits humains et à la garantie d’un espace civique permettant aux citoyens de témoigner librement sur les réalités vécues dans les zones affectées par les conflits.

Quatre priorités proposées par la société civile

Face à cette situation, la Société civile du Sud-Kivu formule quatre principales recommandations :

  1. Protéger immédiatement les populations civiles

Elle demande un accès humanitaire sans restriction et un renforcement du mandat de protection des civils dans les zones à haut risque.

  1. Garantir un dialogue inclusif pour la paix

Elle plaide pour un processus de paix intégrant davantage les communautés locales, les femmes et les jeunes, estimant que les populations directement touchées doivent être associées aux décisions qui concernent leur avenir.

  1. Assurer la justice économique et la responsabilité

Elle demande un renforcement des enquêtes sur les réseaux liés au commerce illégal des minerais, ainsi qu’une plus grande transparence de la part des entreprises opérant dans les chaînes d’approvisionnement minières.

  1. Soutenir une économie locale de résistance

Elle appelle à investir davantage dans les initiatives économiques portées par les femmes, les jeunes et les agriculteurs afin de réduire la vulnérabilité des populations face aux recrutements des groupes armés.

Concluant son discours, Néné Bintu Iragi a remercié la France pour avoir facilité cette rencontre entre la société civile de l’Est de la RDC et le Conseil de sécurité. Elle a insisté sur le fait que la situation du Kivu et de l’Ituri ne pouvait plus rester silencieuse sur la scène internationale.

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