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Tazama RDC

Ituri : Les civils pris au piège entre incursions transfrontalières et retour des affrontements

Ituri : Les civils pris au piège entre incursions transfrontalières et retour des affrontements

La province de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo, fait face à une double crise sécuritaire majeure. Alors que le territoire d’Aru subit les incursions d’éléments armés étrangers, les espoirs de paix s’effondrent à Djugu après la violation d’un cessez-le-feu.

Le long de la frontière avec le Soudan du Sud, la population du territoire d’Aru vit sous la menace permanente d’acteurs armés étrangers. Ces groupes multiplient les exactions, plongeant les communautés locales dans la terreur à travers des pillages, des violences physiques et des vagues de kidnappings de masse.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) tire la sonnette d’alarme sur la multiplication de ces enlèvements. Selon le dernier rapport de l’agence onusienne, plus de 70 civils ont été capturés entre les 11 et 12 mai dans les villages d’Ulendere et d’Arile, au sein de la zone de santé d’Adi.

Le calme n’est pas revenu pour autant : le 31 mai, trois autres personnes ont été kidnappées dans la localité de Nyangbare, selon des sources locales.Cette insécurité chronique pousse les habitants à abandonner leurs foyers. Des déplacements préventifs vers la brousse sont signalés en masse, privant ces populations d’accès aux services de base et renforçant la précarité sanitaire.

Face à cette détresse, les acteurs humanitaires et les organisations de protection plaident d’urgence pour un renforcement des mécanismes de sécurité et une surveillance accrue de cette zone frontalière particulièrement poreuse.Djugu : L’illusion d’un cessez-le-feuPlus au sud, dans le territoire de Djugu, les espoirs de stabilisation ont été de très courte durée.

L’annonce d’un cessez-le-feu par un groupe armé actif dans la région, le 14 mai dernier, n’aura été qu’une illusion.

Quelques jours seulement après cet engagement, les hostilités ont repris de plus belle. Cette résurgence immédiate des violences accentue de manière dramatique les risques pour les civils. Les personnes déplacées, qui s’entassent déjà dans des sites de fortune, ainsi que les communautés d’accueil se retrouvent une nouvelle fois en première ligne face aux exactions, illustrant la fragilité des accords de paix volatils dans cette partie du pays.

Azarias Mokonzi

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