Beni : Les agents de la riposte contre Ebola cibles de violences, la Véranda Mutsanga appelle à la conscience
Alors que les cas de maladie à virus Ebola s’accumulent de manière inquiétante dans la ville de Beni, au Nord-Kivu, une dangereuse hostilité s’installe sur le terrain. Les équipes de la riposte sanitaire font face à une vague de violences qui entrave sérieusement les efforts d’éradication du virus dans plusieurs quartiers de la commune.
Le quartier Mabolio est l’épicentre de cette crise de violences. Deux agents de la riposte ont été violemment pris à partie et passés à tabac par un groupe de jeunes hostiles aux opérations sanitaires. Subissant des coups répétés et des supplices graves, les deux victimes n’ont été sauvées de justesse que grâce à des interventions in extremis.
Face à cette recrudescence des tensions, Fiston Isambiro, leader du groupe de pression local Véranda Mutsanga, est sorti du silence pour condamner fermement ces actes de barbarie. Il appelle la population locale, et particulièrement la jeunesse, à un changement radical d’attitude.
« Nous devons éviter d’être hostiles aux équipes de la riposte. Nous avons été attaqués par cette maladie les années passées et l’expérience passée devrait nous servir de leçon. Je condamne avec la dernière énergie ces agissements. Nous interpellons la conscience de la jeunesse, nous devons nous attribuer la riposte, pas nous faire obstacle» , a-t-il déclaré.
Tout en condamnant les violences, le leader communautaire pointe une faille majeure dans la stratégie actuelle des autorités : le manque de communication. Selon lui, le fossé se creuse entre la riposte officielle et la population par manque de dialogue.
Pour y remédier, Fiston Isambiro exhorte les autorités provinciales à changer de méthode en impliquant directement les structures locales.
« Il y a une faible sensibilisation et une moindre communication de la riposte. Les autorités provinciales doivent associer des jeunes communautaires dans la sensibilisation et la communication pour rendre la riposte plus efficace», fait-il remarqué.
Bien que la province voisine de l’Ituri ait récemment subi les lourdes conséquences de cette épidémie, la prise de conscience tarde à s’enraciner au Nord-Kivu, la faute à une campagne d’information jugée trop faible. L’implication des jeunes de Beni reste désormais la clé pour éviter un désastre sanitaire majeur.
Azarias Mokonzi