Gestion financière en Ituri : l’administration militaire défie le député Gracien Iracan de s’affronter en justice
Face aux accusations portées par le député national Gracien Iracan sur une gestion, qu’il considère de chaotique de la province par le lieutenant général Johnny Luboya N’kashama, l’administration militaire en Ituri reste prête à affronter la justice avec l’élu de Bunia.
Dans un entretien avec Tazamardc.net ce mardi 22 octobre 2024, le lieutenant Jules Ngongo Tshikudi, porte-parole de l’armée en Ituri, déclare que ces accusations révèlent des intentions de déstabiliser la province par des divisions. Selon lui, l’administration Luboya est la plus audité depuis l’avènement de l’état de siège dans l’Est de la RDC. Visiblement srein, il appelle la justice à faire son travail pour éclairer l’opinion.
« Que la justice fasse son travail, sinon ce sera l’outrage à l’armée. C’est bien de tenir ses allégations, mais c’est mieux de les prouver. Il n’a qu’à les démontrer devant la justice, nous sommes sereins, ce sont des agitations inutiles. Parmi les administrations les plus contrôlées, la nôtre est en première position, il y a eu plus de 10 audits. Il n’y a pas eu de gestion à cette période de l’état de siège aussi claire et orthodoxe que celle de l’administration militaire à laquelle le lieutenant général Luboya N’kashama appartient », a déclaré le lieutenant Jules Ngongo Tshikudi.
Au sujet de la contrebande minière, le porte-parole de l’armée révèle que plusieurs zones autrefois occupées par les miliciens sont désormais sous contrôle de l’armée et que la gestion a été confiée aux civils. Selon lui, ni le gouverneur, ni un militaire de rang élevé ne s’immiscent dans l’exploitation minière en Ituri.
« Il y avait plusieurs zones occupées par les rebelles, mais aujourd’hui, de nombreuses zones sont sous le contrôle des FARDC, et les exploitants vaquent librement à leurs activités. Ce sont des zones qui restent à stabiliser. Nous avons déjà stabilisé une partie de Banyali-Kilo, où les miliciens CODECO et Zaïre se disputaient le leadership. Aujourd’hui, c’est la population qui règne en maître parce que les forces armées ont mis hors d’état de nuire tous ces miliciens, à la plus grande satisfaction de la population. Nous sommes fiers de restaurer l’autorité de l’État là où elle n’existait pas. Nous ne sommes pas impliqués dans l’exploitation minière, nous sommes des militaires et nous ne faisons que notre métier. Toutes ces allégations sont infondées, mais ils sont libres de le dire, qu’ils soient aussi capables de le prouver », a-t-il insisté.
En dépit de ces « justifications », le député Iracan dénonce des malversations financières dans la province. Ce dernier réitère sa plainte contre le gouverneur militaire Luboya, l’accusant de collaborer avec les groupes armés. L’élu de Bunia qualifie cette accusation d’outrage à l’Assemblée nationale et invite la justice à convoquer le chef de l’exécutif provincial afin qu’il réponde de ses actes.
Azarias Mokonzi