Mambasa : Les ADF transforment leurs otages en esclaves dans les carrés miniers
Les rebelles des Forces Démocratiques Alliées (ADF) ont dépassé des limites dans leur stratégie criminelle au Nord-Kivu et en Ituri. Désormais actifs dans l’exploitation minière illicite dans le territoire de Mambasa, ces terroristes réduisent leurs otages en esclavage pour en faire de la main-d’œuvre forcée.
Selon Rams Malikidogo, coordonnateur de l’ADPF à Mambasa, les terroristes ADF ont investi plusieurs carrés miniers de la région. Pour extraire les minerais, ils imposent un régime de terreur et de travail forcé aux civils capturés lors de leurs attaques.
« Les terroristes ADF utilisent les personnes prises en otage comme main-d’œuvre dans les carrés miniers à Mambasa. Ceux qui réussissent à s’échapper sont ceux qui viennent nous apporter ces informations », explique Rams Malikidogo.
Dans ces gisements isolés au cœur de la forêt, la violence est systématique : « ceux qui faiblissent ou tentent de résister sont exécutés. L’exploitation minière illicite est ainsi devenue une source majeure de financement pour ce groupe armé, au prix du sang des populations locales. », a-t-il expliqué.
Cette présence terroriste dans les carrières pose une question fondamentale : comment ces ressources minérales, teintées du sang des captifs, parviennent-elles à quitter le sol congolais pour être injectées sur le marché international ?
D’après l’ADPF, les minerais extraits illicitement par les ADF sont acheminés en toute impunité à travers la frontière, transitant par des réseaux bien huilés vers l’Ouganda. Cette situation soulève de lourdes interrogations sur la complicité de certains acteurs le long de la chaîne d’approvisionnement et aux postes frontaliers.
« Comment ces minerais échappent-ils aux mécanismes officiels de traçabilité ?
Qui sont les intermédiaires et les acheteurs qui facilitent ce commerce illicite ?
Pourquoi les convoyeurs et facilitateurs de ce trafic continuent-ils d’agir sans être appréhendés ? », s’est interrogé le défenseur des droits humains.
Face à la gravité des faits et à la complexité de cette mafia transfrontalière, la société civile locale estime que les mécanismes habituels ne suffisent plus. Rams Malikidogo appelle le gouvernement de la République Démocratique du Congo à prendre ses responsabilités et à faire toute la lumière sur ces réseaux criminels.
« Nous estimons que le gouvernement doit ouvrir des enquêtes pour savoir qui travaille avec les ADF dans ce réseau de mafia au sein de l’exploitation minière. Il faut que ces enquêtes soient indépendantes et puissent aller au-delà même des fonctions étatiques », martèle le coordonnateur de l’ADPF.
Pour l’organisation, seules des investigations neutres et impartiales permettront de démanteler les complicités internes qu’elles soient militaires, politiques ou économiques et de couper définitivement les canaux de financement qui alimentent la terreur des ADF dans l’est de la RDC.
Azarias Mokonzi