RDC : les députés du Nord-Kivu accusent Kabila de « haute trahison » et saisissent l’ONU
Réunis en réunion extraordinaire ce samedi 18 octobre 2026 au Palais de la Nation à Kinshasa, les députés nationaux élus du Nord-Kivu ont fermement condamné « le mépris » et « le défi » que l’ex-président Joseph Kabila et ses alliés continuent de manifester à l’endroit du peuple congolais.
Dans une déclaration lue devant la presse à l’issue de cette rencontre, ces élus considèrent que l’agitation de Joseph Kabila vise non seulement à boycotter les processus de paix entrepris par les différents Chefs d’État de la région et le Conseil de sécurité des Nations Unies, mais constitue également un acte de haute trahison.
« Considérant que cette nouvelle dynamique d’agression et de rébellion vise la relance des hostilités alors que la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies du 21 février 2025 exige sans équivoque le cessez-le-feu sans condition et le retrait de la coalition AFC-M23/RDF des villes de Goma et Bukavu, ainsi que la cessation immédiate de tout soutien de l’armée rwandaise à cette entreprise de déstabilisation de notre pays, Joseph Kabila a foulé aux pieds tous ces processus de paix et les efforts diplomatiques du panel des Chefs d’État voisins », peut-on lire dans cette déclaration.
Face à cette nouvelle dynamique qui, selon eux, catalyse l’agression du pays par procuration, ce caucus de députés nationaux dit soutenir l’approche diplomatique du Chef de l’État et appelle la population à la vigilance.
Tout en s’inscrivant en faux contre la création du mouvement politico-militaire dénommé Front pour la Refondation de la Nation (FRN) par Joseph Kabila, ces élus invitent :
« Le Gouvernement congolais à user de tous les moyens pour renforcer la capacité d’action des Forces de défense et de sécurité ainsi que des Wazalendo pour parer à toute éventualité. Mais aussi et surtout au Conseil de sécurité des Nations Unies à mettre en œuvre la résolution 2773 et à renforcer les sanctions ciblées contre les animateurs visibles et cachés de cette nouvelle aventure politico-militaire qui ne sert que de couverture à l’agression rwandaise ».
Cette sortie intervient dans un contexte de crispation politique majeure. L’annonce de la création du FRN par l’ancien président, désormais en exil, est perçue à Kinshasa comme une tentative de légitimer la rébellion de l’AFC-M23 qui occupe Goma et Bukavu depuis plusieurs mois, au mépris de la résolution multiples resolution dont la 2773 de février 2025 restée jusqu’ici sans effet sur le terrain.
Richard Maliro