Vital Kamerhe à Joseph Kabila : « Vous appelez à la paix dans vos discours, vous appelez à la rébellion dans vos actes »
Dans une déclaration percutante adressée le mercredi 13 octobre 2026 aux Congolais, le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC), Vital Kamerhe, a vivement interpellé l’ancien chef de l’État Joseph Kabila face à ce qu’il qualifie de graves contradictions politiques, sur fond de dégradation de la situation sécuritaire dans l’est de la République Démocratique du Congo.
Cette sortie politique majeure fait suite à l’annonce, depuis Goma, de la création du Front de la Révolution Nationale (FRN), une nouvelle structure qui succède à l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et Vital Kamerhe a mis en évidence un télescopage d’agendas troublant : l’ancien président Kabila avait évoqué la paix lors d’un message le 9 octobre, soit à peine trois jours avant la naissance officielle de ce nouveau mouvement rebelle.
Pour le leader de l’UNC, la duplicité n’est plus tenable. « On ne peut proposer la paix à notre peuple tout en recourant aux armes », a martelé Vital Kamerhe, exigeant des clarifications immédiates de la part de son ancien allié politique.
S’adressant directement à Joseph Kabila, il a lancé un avertissement clair : « Monsieur le président honoraire, vous appelez à la paix dans vos discours, vous appelez à la rébellion dans vos actes. Le peuple vous jugera sur vos actes ». Il a exhorté par la même occasion les responsables du FRN à déposer les armes pour privilégier la voie exclusive du dialogue.
Ne se contentant pas de dénoncer la création du FRN, Vital Kamerhe a renvoyé l’ex-président face à ses responsabilités historiques et à son propre bilan à la tête du pays. « Vous avez dirigé la RDC pendant 18 ans. 18 ans pour renforcer son armée, 18 ans pour consolider ses institutions, 18 ans pour impulser le développement », a-t-il rappelé avec ironie.
Selon lui, Joseph Kabila tente aujourd’hui de s’ériger en sauveur face à la crise actuelle en s’exonérant totalement de sa responsabilité dans les faiblesses structurelles de l’État congolais. « Vous ne pouvez pas vous présenter aujourd’hui comme un homme étranger aux blessures de notre peuple, sans responsabilité aucune sur ses fragilités, sans compte à rendre sur son histoire (…) On n’efface pas son propre bilan en accusant son successeur », a tranché le président de l’UNC.
Le président de l’UNC a profité de cette tribune pour appeler à un sursaut national et à un changement radical de paradigme pour l’accès au pouvoir en RDC. « Nous devons tous rejeter la rébellion comme mode d’accès au pouvoir. Nous devons mettre fin à ce cycle interminable de conflits suivis de dialogues », a-t-il insisté, formulant le vœu que les discussions à venir soient enfin les dernières afin de jeter les bases réelles du développement du pays.
Vital Kamerhe a tenu à rappeler le coût humain dramatique de ces aventures armées répétées dans l’Est, évoquant avec gravité les millions de familles endeuillées, les enfants privés d’éducation et les populations civiles condamnées à l’errance loin de leurs terres.
Azarias Mokonzi