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Tazama RDC

Nord-Kivu : Dix kilomètres à pied ou l’abandon scolaire, le calvaire des écoliers de Karama

Nord-Kivu : Dix kilomètres à pied ou l’abandon scolaire, le calvaire des écoliers de Karama

Faute d’infrastructures scolaires adéquates, l’avenir de dizaines d’enfants est menacé dans le groupement de Bukoma, en territoire de Rutshuru (Nord-Kivu).

Depuis environ dix ans, l’École primaire Kahunga Village, une extension de l’EP Kahunga basée à Kiwanja fonctionne avec seulement deux salles de classe, poussant de nombreux élèves des localités de Kahunga et Karama à abandonner leurs études dès la fin de la deuxième année primaire.

Selon les autorités éducatives locales, ce manque criant d’espace empêche l’établissement d’offrir un cycle complet. Pour poursuivre leur cursus scolaire, les jeunes enfants n’ont d’autre choix que de se tourner vers d’autres structures, situées à des distances décourageantes.

Le calvaire des élèves est avant tout géographique. D’après Kambale Sikuli Justin, l’enseignant responsable de l’école, les écoliers de Kahunga doivent parcourir environ 5 kilomètres par jour, tandis que ceux de Karama marchent jusqu’à 10 kilomètres à pied quotidiennement pour atteindre une école complète.

Face à de telles distances et aux risques sécuritaires liés aux déplacements, l’abandon scolaire s’impose comme la seule option pour de nombreuses familles. Plusieurs parents préfèrent garder leurs enfants à la maison plutôt que de les exposer aux dangers de la route. Une inquiétude partagée par Kavusa Hilaire, président du comité des parents, qui demande une intervention urgente pour rapprocher les lieux d’apprentissage des habitations.

L’équipe pédagogique, réduite au strict minimum, se démène pour maintenir l’école en vie. Kambale Sikuli Justin lance un appel pressant au gouvernement congolais ainsi qu’aux organisations humanitaires pour désenclaver scolairement cette région :

« Nous demandons aux partenaires de nous venir en aide pour voir comment construire les classes là pour aider ces enfants, et que le gouvernement fasse tout pour trouver un enseignant pris en charge », plaide-t-il.

En plus de la construction de nouvelles infrastructures, l’établissement sollicite l’affectation d’un personnel enseignant payé par l’État pour garantir une éducation stable et gratuite à ces enfants du Nord-Kivu, aujourd’hui laissés pour compte.

Azarias Mokonzi

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