Lubero : Des villages vidés de leurs habitants face à la progression des ADF
Après plusieurs jours d’un calme précaire, la menace terroriste refait surface dans le territoire de Lubero, en province du Nord-Kivu.
La présence des combattants islamistes des Forces démocratiques alliées (ADF) est signalée dans le secteur de Bapere, provoquant d’importants déplacements de populations vers des zones jugées plus sécurisées.
D’après les révélations faites par Kasereka Kagheni Samuel, président de la société civile du secteur de Bapere, les mouvements de ces assaillants sont particulièrement perceptibles dans les environs de la localité de Maikengu, située dans le groupement Bapakombe.
Cette présence ennemie a immédiatement plongé la région dans la psychose. Craignant de nouvelles exactions, les habitants de Kambau, de Pawanza et des localités environnantes ont massivement abandonné leurs habitations.
Ce mouvement de panique, qui a débuté dimanche dernier, a poussé une grande partie de la population à trouver refuge à Njiapanda. D’autres habitants ont préféré prendre la direction de la ville de Butembo, espérant y trouver une meilleure protection.
Face à cette situation critique, le président de la société civile locale monte au créneau. Kasereka Kagheni Samuel dénonce l’absence de mesures sécuritaires préventives de la part des forces de l’ordre, déplorant le fait que ses multiples alertes antérieures soient restées sans réponse adéquate.« Nous appelons les autorités à voir comment renforcer les dispositifs sécuritaires. L’ennemi est en train de faire une ruse. Donc, nos services doivent être en alerte pour que l’ennemi ne puisse pas encore tuer la paisible population », a-t-il déclaré avec gravité.
Au-delà de l’action militaire immédiate sur le terrain, cet acteur de la structure citoyenne interpelle directement la classe politique, et plus particulièrement les députés nationaux. Il estime que le pouvoir législatif doit jouer son rôle de contrôle pour pousser le pouvoir exécutif à agir avant qu’un nouveau drame humanitaire ne se produise.
« Aussi, nos élus; la population qui est en train de mourir constitue bien sûr une base électorale de ces élus. Il n’est pas question de se taire. Il est temps alors d’interpeller bien sûr le ministre de tutelle afin qu’il puisse fournir des éclaircissements par rapport à la question ADF », a conclu Kasereka Kagheni Samuel.
Alors que la situation humanitaire se détériore avec ces nouveaux déplacements, les regards restent tournés vers les autorités de l’état de siège et le gouvernement central pour une réponse militaire rapide afin de stopper la progression de la menace dans le Lubero.